Le parti d’opposition hongrois de centre-droit Tisza conserve une avance de huit points sur le Fidesz du Premier ministre Viktor Orbán, selon un sondage publié lundi, à l’approche des élections législatives prévues le 12 avril. Cette dynamique place le chef du gouvernement face à son défi politique le plus sérieux depuis l’arrivée au pouvoir du Fidesz en 2010, même si l’issue du scrutin demeure incertaine.
D’après l’enquête réalisée par l’institut Publicus entre le 21 et le 24 janvier et publiée par le quotidien Nepszava, 48 % des électeurs ayant déjà fait leur choix déclarent soutenir le parti Tisza, contre 40 % pour le Fidesz. Ces chiffres sont stables par rapport à décembre, confirmant une avance persistante de l’opposition à l’orée d’une campagne électorale décisive pour le pays.
Le parti Tisza est dirigé par Peter Magyar, ancien membre du gouvernement, qui promet de lutter contre la corruption, de débloquer plusieurs milliards d’euros de fonds européens gelés afin de relancer l’économie, et de réaffirmer l’ancrage de la Hongrie au sein de l’Union européenne. Le scrutin d’avril est observé de près à Bruxelles, tant ses conséquences pourraient peser sur l’équilibre politique européen et sur les forces nationalistes et d’extrême droite.
Allié revendiqué du président américain Donald Trump, Viktor Orbán s’est à plusieurs reprises opposé à l’UE sur des questions institutionnelles et sociétales, tout en entretenant des relations cordiales avec la Russie et en critiquant l’Ukraine. Bruxelles accuse son gouvernement d’affaiblir l’État de droit et les valeurs démocratiques, des accusations que le Premier ministre rejette systématiquement.
Le sondage Publicus révèle également un climat de défiance marqué : 63 % des personnes interrogées estiment que la Hongrie « va dans la mauvaise direction », une proportion qui atteint 71 % parmi les retraités, un électorat clé que le gouvernement tente de séduire par des compléments de pension. Seul le parti d’extrême droite Notre Patrie (Mi Hazánk) dépasserait par ailleurs le seuil de 5 % nécessaire pour entrer au Parlement, selon cette enquête.
Tous les instituts ne dressent toutefois pas le même tableau. Un autre sondage, publié lundi par l’institut progouvernemental Nezopont, attribue à Viktor Orbán un taux d’approbation de 46 %, contre 35 % pour Peter Magyar, avec un soutien particulièrement fort du chef du gouvernement parmi les électeurs âgés et ruraux. Cette divergence souligne l’incertitude qui entoure encore le scrutin d’avril, malgré l’avantage actuel affiché par l’opposition.