Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a appelé samedi son parti, le Congrès national africain (ANC), à engager des réformes urgentes de la gouvernance locale, à l’approche d’élections municipales prévues avant novembre et qui s’annoncent difficiles pour la formation au pouvoir.
S’exprimant lors d’un rassemblement à Rustenburg, dans la province du Nord-Ouest, Ramaphosa a reconnu que la dégradation des services publics de base – réseaux d’eau défaillants, problèmes d’assainissement, routes en mauvais état – pesait lourdement sur le soutien électoral de l’ANC. « La première tâche de notre mouvement en 2026 est de réformer l’administration locale et d’améliorer les services », a-t-il déclaré.
Les élections municipales constituent traditionnellement un test délicat pour l’ANC, les électeurs y exprimant plus directement leur mécontentement face aux dysfonctionnements quotidiens. En 2021, le parti avait obtenu moins de 50 % des voix pour la première fois depuis la fin de l’apartheid en 1994, un revers qui avait préfiguré la perte de sa majorité lors des élections nationales suivantes.
Le chef de l’État a insisté sur la nécessité pour les municipalités de « remplir leurs obligations fondamentales », citant la réparation des nids-de-poule, la collecte régulière des déchets et l’accès à l’eau potable. Il a annoncé un financement public de 54 milliards de rands (environ 3,3 milliards de dollars) destiné aux infrastructures d’eau et d’électricité, tout en reconnaissant que certaines collectivités subissent encore des coupures locales malgré l’amélioration de la situation énergétique nationale.
Si l’ANC demeure salué pour son rôle historique dans l’unification du pays et pour l’architecture constitutionnelle sud-africaine, ses performances en matière de gestion locale sont de plus en plus critiquées. Ramaphosa a également souligné que, malgré un léger rebond de la croissance, le chômage reste élevé, notamment chez les jeunes, alimentant des doutes sur la capacité du système politique à répondre à leurs attentes.
À quelques mois du scrutin, le président a ainsi cherché à mobiliser son parti autour d’un message clair : sans amélioration tangible des services publics locaux, l’érosion du soutien populaire pourrait se poursuivre lors des prochaines élections municipales.