À quelques semaines de l’ouverture de la conférence des Nations unies sur le climat en Amazonie, le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) a tiré la sonnette d’alarme : les émissions mondiales de carbone restent bien trop élevées pour contenir la hausse des températures sous la barre des 1,5 °C fixée par l’Accord de Paris. Selon son dernier rapport, la planète se dirige désormais vers un réchauffement compris entre 2,3 et 2,5 °C d’ici la fin du siècle, même si les engagements actuels sont pleinement respectés.
Face à ces chiffres alarmants, le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a appelé à faire de la COP organisée ce mois-ci à Belém, en plein cœur de l’Amazonie, une « COP de la vérité ». Lula a insisté sur la nécessité d’en finir avec les promesses creuses et de proposer enfin des solutions concrètes pour inverser la tendance. « Le temps des discours est terminé. Cette COP doit être celle des engagements réels, mesurables et applicables », a-t-il déclaré.
Depuis plus de trente ans, les négociations climatiques se succèdent sans parvenir à freiner suffisamment les émissions mondiales. L’Accord de Paris, signé il y a dix ans, visait à limiter le réchauffement à 1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle. Mais le PNUE souligne que même les trajectoires actuelles des pays respectant leurs promesses restent insuffisantes pour atteindre cet objectif.
Le rapport recense toutefois des signes d’espoir : plus de 1 000 projets de technologies propres sont aujourd’hui en développement dans le monde, allant du captage du carbone à l’hydrogène vert. Mais les experts préviennent que sans une réduction drastique des émissions dans la décennie à venir, ces innovations ne suffiront pas à éviter les conséquences les plus graves du changement climatique — catastrophes naturelles accrues, pertes agricoles, migrations massives et pressions sur les ressources en eau.
Le Brésil, qui abrite la plus grande forêt tropicale de la planète, espère faire de cette conférence un tournant. Lula a promis de placer la protection de l’Amazonie au cœur des discussions, tout en appelant les pays industrialisés à assumer leur responsabilité historique dans la crise climatique. L’enjeu, selon lui, est existentiel : « C’est notre dernière chance de dire la vérité au monde et d’agir avant qu’il ne soit trop tard. »