Brésil : L’ancien ministre des droits humains de Lula accusé de violences sexuelles (AP Photo/Fernando Llano)
Brésil : L’ancien ministre des droits humains de Lula accusé de violences sexuelles (AP Photo/Fernando Llano)

Les autorités fédérales brésiliennes ont officiellement mis en cause Silvio Almeida, ex-ministre des droits humains de Luiz Inácio Lula da Silva, dans une affaire de violences sexuelles qui lui avait déjà coûté son poste l’an dernier. Un responsable de la police fédérale, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a confirmé samedi que les enquêteurs avaient transmis leurs conclusions au parquet, qui doit désormais décider d’éventuelles poursuites. Si des charges sont retenues, la Cour suprême devra se prononcer sur leur recevabilité.

Un scandale qui fragilise le gouvernement Lula

Silvio Almeida avait été évincé en septembre, après que l’organisation MeToo Brazil eut signalé des plaintes de plusieurs femmes. La presse brésilienne avait cité la ministre de l’égalité raciale, Anielle Franco, comme l’une des personnes ayant dénoncé son comportement. Ancienne militante devenue ministre après l’assassinat de sa sœur Marielle Franco, elle avait salué la décision de Lula de se séparer d’Almeida. Le principal intéressé a toujours nié les accusations mais n’a plus réagi publiquement depuis que la police a formalisé son rapport.

Parmi les femmes ayant signalé des faits figure Isabel Rodrigues, professeure dans l’État de São Paulo, qui affirme avoir été agressée sexuellement. Sur les réseaux sociaux, elle a rappelé samedi que le chemin vers la justice restait long et a exhorté les victimes à ne pas se décourager. Ce scandale intervient dans un contexte national très préoccupant. Selon un rapport du Forum brésilien de la sécurité publique, plus d’une femme sur trois a été victime de violences sexuelles ou de violences liées au genre sur une seule année, un niveau jamais atteint depuis le début des relevés en 2017.

La montée continue de toutes les formes de violences contre les femmes place ces nouvelles accusations au cœur d’un débat brésilien plus large sur les protections insuffisantes, les lenteurs judiciaires et la nécessité de faire émerger une parole plus libre face aux abus.

Que retenir rapidement ?

Les autorités fédérales brésiliennes ont officiellement mis en cause Silvio Almeida, ex-ministre des droits humains de Luiz Inácio Lula da Silva, dans une

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