Au Groenland, la chasse et l’autosuffisance comme remparts face aux incertitudes
Au Groenland, la chasse et l’autosuffisance comme remparts face aux incertitudes

Dans le village de Kapisillit, au fond du fjord de Nuuk, Kaaleeraq Ringsted observe avec sérénité les tensions internationales autour du Groenland. À 73 ans, cet habitant affirme ne pas se laisser gagner par l’inquiétude, s’appuyant sur deux congélateurs remplis de viande de renne, de phoque et de poissons, fruits d’un mode de vie ancré dans les traditions locales.

Alors que certains Groenlandais ont été déstabilisés par les déclarations du président américain Donald Trump évoquant l’acquisition du territoire, d’autres misent sur l’autosuffisance alimentaire. Dans les régions reculées, les chaînes d’approvisionnement restent fragiles et les épiceries ne sont parfois ravitaillées qu’une fois par semaine, renforçant l’importance des réserves personnelles.

Cette réalité a conduit le gouvernement du Groenland à publier de nouvelles recommandations en matière de préparation aux crises. Les autorités conseillent aux habitants de disposer de stocks d’eau et de nourriture pour plusieurs jours, ainsi que d’équipements de chasse et de pêche, reflétant une approche pragmatique face aux aléas climatiques et géopolitiques.

À Nuuk, Aslak Wilhelm Jensen, pêcheur de 50 ans, conserve lui aussi plusieurs congélateurs remplis de poisson et de viande. Peu préoccupé par les débats diplomatiques, il souligne l’abondance des ressources naturelles autour de lui. Pour beaucoup, cette proximité avec la nature constitue une assurance plus tangible que les promesses venues de l’étranger.

Si le Danemark a encouragé depuis des décennies la modernisation et l’urbanisation, éloignant parfois les populations de leurs pratiques ancestrales, nombre de Groenlandais continuent de conjuguer emplois modernes et savoir-faire traditionnels. Cette double compétence renforce leur capacité à faire face aux crises sans céder à la panique.

Dans un environnement marqué par l’isolement, des conditions climatiques extrêmes et des approvisionnements incertains, posséder des réserves et savoir chasser ou pêcher ne relève pas d’une préparation exceptionnelle, mais d’un mode de vie. Pour beaucoup d’habitants, la sécurité passe d’abord par la maîtrise de leur subsistance quotidienne.

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