Plus de soixante ans après l’assassinat de Patrice Lumumba, la justice belge relance l’affaire. Le parquet fédéral a demandé mardi le renvoi d’Étienne Davignon devant le tribunal correctionnel. À 92 ans, l’ancien diplomate, seul encore en vie parmi les personnalités visées par la plainte déposée en 2011 par la famille de l’ancien Premier ministre congolais, pourrait être jugé pour crimes de guerre.
Un procès historique en ligne de mire
Le parquet reproche à Davignon des actes qualifiés de crimes de guerre : détention et transfert illégal de prisonnier, absence de procès équitable, traitements humiliants. À l’époque jeune diplomate, il avait été dépêché au Congo en pleine crise post-indépendance. Si la commission d’enquête belge de 2001 avait évoqué des responsabilités « morales » de la Belgique, la justice pourrait désormais franchir une étape judiciaire inédite.
L’ancien ministre d’État a toujours nié toute implication. Son avocat a annoncé vouloir demander un report du dossier pour mieux l’examiner. En 2022, la Belgique avait restitué à la famille Lumumba une dent du défunt conservée par la justice. Mais pour Kinshasa comme pour les descendants de l’indépendantiste, la vérité reste à établir.