La compagnie American Airlines a annoncé jeudi son intention de reprendre ses vols entre les États-Unis et le Venezuela, une première depuis plus de six ans, après la décision de l’administration de Donald Trump d’ouvrir de nouveau l’espace aérien du pays sud-américain. Cette reprise reste toutefois conditionnée à des autorisations gouvernementales et à des évaluations de sécurité.
Jeudi soir, le secrétaire américain aux Transports, Sean Duffy, a annulé un décret de 2019 interdisant aux compagnies aériennes américaines de desservir le Venezuela. Il a justifié cette décision par le fait que « le maintien de la suspension des vols n’est plus justifié par l’intérêt public », agissant sur instruction directe du président Trump.
Selon la Maison Blanche, cette initiative fait suite à un échange entre Donald Trump et la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodríguez. Le président américain a affirmé que les citoyens des États-Unis pourraient « très prochainement » voyager au Venezuela « en toute sécurité ». American Airlines avait interrompu ses liaisons en 2019 après l’interdiction imposée par Washington.
Cette annonce intervient dans un contexte géopolitique particulièrement tendu. Plus tôt ce mois-ci, les États-Unis ont mené une opération militaire au Venezuela et capturé le président Nicolas Maduro, un événement qui a profondément modifié les relations bilatérales et ouvert la voie à un possible rétablissement progressif de certains échanges.
American Airlines, présente au Venezuela depuis 1987, a indiqué que les vols quotidiens envisagés viseraient à répondre à des besoins de déplacements d’affaires, de loisirs et humanitaires. Avant la suspension de ses opérations, elle était la plus grande compagnie aérienne américaine opérant dans le pays. D’autres transporteurs, comme United Airlines ou Delta Air Lines, n’ont pas précisé s’ils envisageaient de reprendre leurs liaisons.
La reprise effective des vols pourrait toutefois prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois. La Federal Aviation Administration devra mener des évaluations de sécurité, tandis que la Transportation Security Administration procédera à ses propres contrôles. Les autorités ont précisé que la levée de l’interdiction n’affectait pas les autres restrictions en vigueur, notamment celles relevant des départements d’État, du Trésor ou de la Sécurité intérieure.
Le département d’État américain maintient par ailleurs le Venezuela sur sa liste des pays « à éviter » pour les voyageurs américains. Malgré ces réserves, les autorités aéronautiques ont indiqué espérer « faciliter la reprise des voyages réguliers » entre les deux pays, signe d’une évolution notable de la politique américaine à l’égard de Caracas.