Le retour à l’antenne de Voice of America (VoA), un des médias publics emblématiques des États-Unis, n’aura finalement pas lieu ce lundi 5 mai. La cour d’appel de Washington a suspendu, par deux voix contre une, les décisions de juges de première instance qui autorisaient la reprise d’activité des journalistes mis à l’écart depuis mars par l’administration Trump. L’ancien président, revenu au pouvoir en janvier, a entamé une offensive pour démanteler l’agence USAGM, qui supervise VoA, Radio Free Europe ou Radio Free Asia.
Un bras de fer politique et judiciaire
Quelques heures avant cette décision, Reporters sans frontières annonçait pourtant un retour imminent de VoA, après avoir reçu un courriel du ministère de la Justice signalant la réactivation des comptes de 1 406 employés et prestataires. Une victoire de courte durée, saluée aussitôt par Kari Lake, nouvelle patronne de l’USAGM et proche de Donald Trump, qui a qualifié le revers judiciaire subi par les médias publics de « grande victoire pour le président ».
L’administration Trump justifie sa décision par la volonté d’éliminer ce qu’elle considère comme des « éléments inutiles » de la bureaucratie fédérale. En mars, la Maison Blanche a suspendu les programmes de VoA, placé ses journalistes en congé forcé et entamé des licenciements. Selon Steve Herman, journaliste historique de la radio, relancer les services de VoA en 50 langues et reconquérir les 340 millions d’auditeurs demandera un « effort herculéen ».
Face à ce que RSF décrit comme un « cheminement erratique de l’administration Trump », son directeur Thibaut Bruttin appelle à la vigilance et à la protection du financement de ces médias, dont la mission est cruciale dans les pays autoritaires. Voice of America, fondée pendant la Seconde Guerre mondiale, est aujourd’hui plus que jamais au cœur d’une lutte entre démocratie, propagande et contrôle de l’information.