Omar Harfouch chez Magali Berdah (Sud radio) : « Être riche en France, c'est presque un délit »
Omar Harfouch chez Magali Berdah (Sud radio) : « Être riche en France, c'est presque un délit »

Invité de l’émission On ne vit pas dans la même France sur Sud Radio ce jeudi 11 septembre, Omar Harfouch, pianiste, compositeur et homme d’affaires, s’est livré à un échange à la fois intime et politique face à Magali Berdah et au député socialiste Romain Eskenazi. Entre confidences personnelles et débat de fond, il a défendu son parcours, son rapport à la France et sa vision d’une société qui, selon lui, stigmatise trop souvent la réussite.

Dès le début de l’émission, Omar Harfouch a rappelé ses origines artistiques : « Je suis avant tout pianiste et compositeur, l’homme d’affaires est venu par accident », a-t-il confié. Il est revenu sur son Concerto pour la paix, joué notamment avec l’orchestre philharmonique de Béziers. Un concert qui l’a conduit jusqu’à jouer devant Donald Trump, un épisode qui lui a coûté… 100 000 abonnés sur ses réseaux sociaux. « J’ai reçu des insultes et même un message d’Orlando Bloom qui m’a dit qu’on n’était plus amis. On s’est réconciliés depuis », a-t-il raconté.

Au cœur de l’émission, l’argent et le rapport à la richesse ont occupé une place centrale. « Je suis devenu millionnaire à 24 ans. C’est très dur de le rester, mais je suis la preuve qu’on peut réussir honnêtement et légalement », a affirmé Harfouch. Installé en France depuis 1994, il revendique son choix de payer ses impôts dans l’Hexagone, malgré ses années passées à Dubaï : « J’aurais pu les payer ailleurs, mais j’ai voulu contribuer ici. La France, c’est le pays où mes filles sont nées et où j’espère mourir. »

Le débat s’est enflammé lorsqu’il a lancé : « Être riche en France, c’est presque un délit. » Face à lui, le député Romain Eskenazi a tenu à rappeler que « les Français n’ont pas de problème avec les riches, mais avec l’injustice ». L’élu socialiste a salué le parcours de Harfouch et son attachement à la musique, tout en estimant que la concentration des fortunes et la privatisation de certaines entreprises nourrissaient un sentiment légitime d’inégalité.

Au milieu de cette confrontation, Omar Harfouch a répliqué chiffres à l’appui : il a déclaré avoir gagné 700 000 € et versé bien plus d’impôts que le député, qui a reconnu toucher 4 800 € par mois. « Plus on est riche, plus on paye d’impôts », a insisté Harfouch, rappelant que les routes empruntées par tous étaient financées aussi par sa contribution. Le député, lui, a maintenu que les plus fortunés payaient proportionnellement moins que les classes moyennes.

Au-delà du duel, l’échange a aussi montré des convergences inattendues. Tous deux ont dénoncé l’injustice sociale et la tentation de monter les Français les uns contre les autres. Harfouch a souligné le côté « humain » du Parti socialiste, tandis qu’Eskenazi a reconnu partager certaines valeurs avec son interlocuteur.

Enfin, l’homme d’affaires a replacé son combat artistique au centre de sa démarche : « La guerre, c’est le désastre. La paix, elle, apporte prospérité et richesse. Au lieu de dépenser des milliards en armes, il faut investir dans les Français », a-t-il martelé, faisant écho aux inquiétudes actuelles sur un possible engagement militaire en Ukraine et sur la mobilisation de l’épargne nationale.

Avec son franc-parler et ses convictions, Omar Harfouch a une nouvelle fois démontré qu’il n’était pas seulement un pianiste virtuose ou un entrepreneur atypique, mais aussi un homme qui veut poser, à sa manière, les questions qui dérangent.

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