Le dessinateur et caricaturiste Jacques-Armand Cardon, connu sous la signature Cardon, est mort à Angers à l’âge de 89 ans. L’annonce de son décès a été faite mardi par ses filles. Il était l’un des noms marquants du Canard enchaîné, auquel il collaborait depuis 1973.
Du Havre aux grandes plumes de la satire
Né au Havre en novembre 1936, Cardon avait d’abord travaillé à l’arsenal de Lorient dès l’adolescence avant de se tourner vers le dessin au début des années 1960. Au fil de sa carrière, il a aussi collaboré à Hara-Kiri, Siné Massacre, L’Humanité et Le Monde, en plus de sa longue présence dans l’hebdomadaire satirique.
Un trait unique, une signature immédiatement reconnaissable
Son style était immédiatement reconnaissable. Cardon dessinait souvent ses personnages de dos, avec un trait dense en hachures et très peu, voire pas du tout, de bulles. Cette écriture graphique singulière est devenue sa marque de fabrique.
Dessiner les puissants sans jamais les flatter
Cette singularité s’est imposée au fil des décennies comme une manière bien à lui de croquer le pouvoir. En 2010, les éditions L’Échappée présentaient son recueil Vu de dos comme 30 ans de dessins politiques où il “exécute d’un trait les puissants”.
Au-delà du dessin politique, son travail était aussi traversé par une dimension philosophique et autobiographique. Son livre Cathédrale, publié en 2020, était présenté par Cardon comme un livre-testament, réflexion sur la condition humaine nourrie par l’enfance, la guerre et la disparition de son père.
Du papier à l’écran, un artiste complet
Cardon a également laissé une trace dans le cinéma d’animation. Son court métrage L’Empreinte, réalisé en 1974, a reçu le prix de la première œuvre au Festival d’Annecy en 1975. La même année, le film figurait aussi dans la sélection officielle des courts métrages en compétition au Festival de Cannes.
