Un journaliste tué dans une frappe israélienne sur un hôpital de Gaza : indignation et controverse
Un journaliste tué dans une frappe israélienne sur un hôpital de Gaza : indignation et controverse

Une frappe aérienne israélienne sur l’hôpital Nasser, dans la ville de Khan Younis au sud de la bande de Gaza, a tué mardi le journaliste palestinien Hassan Aslih, alors qu’il était hospitalisé après avoir été blessé lors d’une précédente attaque. Le ministère de la Santé du territoire, contrôlé par le Hamas, a confirmé sa mort ainsi que celle d’un autre patient, et a fait état de plusieurs blessés.

Connu pour ses vidéos largement relayées sur les réseaux sociaux, Aslih dirigeait le média local Alam24 et avait collaboré avec plusieurs organes de presse internationaux en tant que photojournaliste indépendant. Il avait été blessé le mois dernier lors d’une frappe israélienne contre une tente médicale installée dans l’enceinte de l’hôpital Nasser. Il se trouvait en convalescence lorsqu’un missile a touché le troisième étage de l’établissement.

L’armée israélienne a reconnu la frappe dans un communiqué, affirmant avoir ciblé « d’importants terroristes du Hamas opérant depuis un centre de commandement et de contrôle » situé au sein de l’hôpital. Elle n’a pas fourni d’identité précise concernant les cibles éliminées. Israël accuse Aslih d’avoir participé à l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023, au cours de laquelle environ 1 200 personnes ont été tuées et plus de 250 prises en otage. Il est accusé d’avoir diffusé des images de cette attaque sur ses réseaux.

Le directeur de l’hôpital Nasser, Atef Al-Hout, a dénoncé l’attaque : « Je suis arrivé à l’hôpital sans savoir s’il fallait pleurer les martyrs, soigner les blessés ou rassurer un personnel médical terrorisé. » Des images de l’intérieur de l’hôpital montrent d’importants dégâts, notamment sur les équipements médicaux et les lits.

Depuis le début de la guerre à Gaza, la Fédération internationale des journalistes recense au moins 160 professionnels des médias tués. Les autorités de Gaza avancent un bilan plus lourd, affirmant que 215 journalistes ont péri, qu’elles disent être délibérément visés. Israël rejette cette accusation et affirme prendre des mesures pour éviter de frapper des civils.

Alors que les frappes israéliennes se poursuivent, le blocus imposé depuis le 2 mars sur les livraisons humanitaires continue de provoquer des pénuries critiques. Selon l’ONU, la population est exposée à un risque imminent de famine. L’Organisation mondiale de la santé a tiré la sonnette d’alarme mardi, avertissant que la malnutrition et la faim pourraient marquer « toute une génération ».

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