Jeudi 12 juin, les responsables de TikTok ont tenté de convaincre la commission d’enquête parlementaire de leur engagement à protéger les mineurs. En face, des députés déterminés à pointer les failles. À mesure que les représentants du réseau social déroulaient leur panoplie de mesures de sécurité, les parlementaires opposaient un constat glaçant : contenus violents, sexistes, ou incitant aux troubles alimentaires continuent d’être massivement accessibles. Malgré la suppression de mots-clés comme #SkinnyTok ou le blocage de comptes de mineurs, les exemples rapportés par la commission ont mis à mal la communication de la plateforme. Une vidéo suggérant la scarification ? Encore en ligne. Des propos misogynes non modérés ? Jamais sanctionnés. Et ce, alors que TikTok assure avoir supprimé 642 000 comptes d’enfants en France depuis janvier.
« Vous vous déguisez en pompier »
Pour les députés, la politique de modération du groupe est loin d’être à la hauteur. « Vous avez allumé un incendie, et vous ne tentez même pas de l’éteindre », a lancé Stéphane Vojetta (Ensemble). L’exaspération s’est cristallisée autour de la question du contrôle de l’âge, que la plateforme continue de déléguer à l’utilisateur. « Vous avez la capacité technique de le faire, mais vous vous retranchez derrière l’absence d’obligation légale », a fustigé la rapporteure Laure Miller. Même tonalité du côté d’Arthur Delaporte (PS), qui a évoqué des suicides d’adolescents dont les parents pointent TikTok du doigt. Les arguments techniques ou les appels au collectif européen n’ont pas suffi. Pour les parlementaires, la plateforme reste focalisée sur ses parts de marché, et non sur la protection réelle des jeunes utilisateurs. TikTok, qui se dit ouvert aux recommandations de la commission, devra attendre septembre pour connaître les mesures préconisées. Mais les députés, eux, semblent avoir déjà tranché sur le diagnostic.