Certains traitements produits par le Laboratoire français du fractionnement et des biotechnologies (LFB) connaissent des difficultés d’approvisionnement, liées à la modernisation de l’usine de Lille. L’Agence du médicament assure que des alternatives existent pour pallier ces manques. Plusieurs médicaments dérivés du sang sont actuellement en tension en France, selon l’alerte lancée jeudi 3 juillet 2025 par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Ces perturbations concernent notamment des traitements essentiels comme Aclotine, Alfalastin, Betafact, Factane, Clairyg, Tegeline, Clottafact, Protexel, Vialebex et Wilfactin, utilisés chez des patients immunodéprimés, hémophiles, brûlés graves ou en soins intensifs.
Une mise à niveau technique à l’origine des tensions
En cause, des opérations de mise à niveau de certains équipements sur le site de production de Lille, selon les précisions de l’ANSM. L’établissement public LFB, seul laboratoire français spécialisé dans ces produits vitaux issus du plasma, a dû limiter la distribution de plusieurs de ses spécialités. L’Agence du médicament, en lien avec le laboratoire, a publié des recommandations pour guider les professionnels de santé vers des alternatives disponibles et assurer une continuité des traitements. Selon les prévisions, les perturbations pourraient durer jusqu’à la mi-2026 pour certains médicaments, mais les autorités affirment que les alternatives sont disponibles en quantité suffisante pour éviter toute interruption majeure des soins.
Un secteur stratégique et sous tension
Le LFB joue un rôle central dans la fabrication de médicaments à partir de plasma sanguin, un secteur hautement stratégique et sensible depuis le scandale du sang contaminé. L’entreprise, qui repose sur le don éthique non rémunéré organisé par l’Établissement français du sang (EFS), est en pleine phase de montée en puissance industrielle. L’ouverture d’une nouvelle usine à Arras fin 2024 doit permettre de tripler la capacité de production sur les immunoglobulines, l’albumine et le fibrinogène. Cette expansion vise aussi à réduire la dépendance française et européenne aux importations américaines dans ce domaine très spécialisé. Les États-Unis concentrent aujourd’hui l’essentiel de la production mondiale de plasma thérapeutique. En attendant, les autorités sanitaires se veulent rassurantes. Malgré les difficultés ponctuelles, les patients devraient continuer à recevoir les traitements nécessaires grâce aux solutions de substitution proposées et à une régulation stricte de la répartition des stocks disponibles.