La vaccination, nouvelle alliée dans la prévention des maladies cardiovasculaires 
La vaccination, nouvelle alliée dans la prévention des maladies cardiovasculaires 

L’European Society of Cardiology (ESC) vient de publier une déclaration de consensus clinique dans l’European Heart Journal soulignant un fait désormais solidement établi : la vaccination joue un rôle déterminant dans la prévention des événements cardiovasculaires graves consécutifs à une infection, qu’elle soit virale ou bactérienne. Longtemps observé pour la grippe saisonnière, ce lien entre infection et survenue de crises cardiaques ou de décompensations cardiaques s’étend aujourd’hui à d’autres pathogènes. Pneumonie à pneumocoques, Covid-19, virus respiratoire syncytial : ces affections sont toutes susceptibles d’induire des complications cardiovasculaires, notamment par des mécanismes inflammatoires systémiques.

Réduire les risques après l’infection

La publication de l’ESC détaille les mécanismes à l’œuvre dans ces complications : inflammation aiguë, instabilité de plaques d’athérome, troubles de la coagulation… En réponse, les vaccins apparaissent comme un outil protecteur non seulement contre l’infection elle-même, mais aussi contre ses conséquences cardiovasculaires. Ces bénéfices sont particulièrement marqués chez les patients atteints de pathologies chroniques comme la maladie coronarienne ou l’insuffisance cardiaque. Les recommandations européennes et américaines (ESC, ACC, AHA) convergent sur ce point : la vaccination contre la grippe, le pneumocoque et la Covid-19 devrait être systématiquement proposée aux patients à risque cardiovasculaire.

Des effets secondaires rares mais encadrés

Si les effets indésirables graves sont très rares, la déclaration évoque aussi le risque de myocardite après certains vaccins, notamment à ARNm. Ce risque, bien que faible, est désormais mieux connu et des protocoles de prise en charge sont détaillés pour prévenir toute complication. La déclaration de consensus insiste enfin sur la nécessité d’intégrer la vaccination dans la stratégie globale de prévention cardiovasculaire, notamment chez les publics vulnérables : femmes enceintes, patients transplantés, porteurs de cardiopathies congénitales. Pour le professeur Thomas F. Lüscher, président de l’ESC, le message est clair : « Les vaccins doivent devenir un pilier fondamental de la prévention cardiovasculaire, au même titre que l’arrêt du tabac ou la gestion du cholestérol. »

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