Sous couvert d’esthétisme, la kérato-pigmentation séduit de plus en plus de patients en quête d’un regard transformé. Mais derrière ce fantasme d’iris turquoise ou noisette se cache une réalité médicale beaucoup plus sombre. L’Académie nationale de médecine vient de tirer la sonnette d’alarme sur cette chirurgie en vogue, qui consiste à injecter des pigments dans la cornée pour en modifier la couleur de manière définitive. Développée initialement pour masquer les séquelles traumatiques de l’œil, cette technique s’est largement détournée de son usage médical pour devenir un outil de transformation esthétique. Le problème, c’est que le procédé, aussi permanent soit-il, n’est ni sans défauts… ni sans dangers.
Risques oculaires et illusions esthétiques
Selon l’Académie, la couleur obtenue souffre souvent d’un rendu trop uniforme, peu naturel (la teinte d’origine subsiste parfois en périphérie de la cornée) et peut même s’estomper avec le temps. Plus inquiétant encore, les complications médicales ne sont pas rares : sécheresse oculaire, éblouissements persistants, perte progressive des cellules endothéliales (ce qui nuit à la transparence de la cornée en vieillissant), voire interactions à risque avec les examens IRM à cause de la présence de métaux dans certains pigments. Face à cette multiplication d’effets secondaires, l’Académie recommande désormais un encadrement plus strict et préconise la création d’un document d’information détaillé pour chaque patient. L’idée : ne plus laisser quiconque se lancer dans cette opération à l’aveugle, pour un simple caprice de couleur.