Le groupe pharmaceutique allemand Bayer a annoncé vendredi avoir reçu l’approbation de l’Agence européenne des médicaments (EMA) pour prolonger les intervalles entre les injections de son traitement ophtalmique Eylea, une décision qui pourrait lui conférer un avantage stratégique face à son principal concurrent, Roche.
Dans un communiqué, Bayer a précisé que l’EMA recommandait l’administration d’Eylea à une dose élevée de 8 mg à des intervalles pouvant aller jusqu’à six mois. Ce traitement est indiqué pour deux pathologies majeures responsables de la cécité : la dégénérescence maculaire liée à l’âge humide (DMLA humide) et l’œdème maculaire diabétique. Cette autorisation élargie représente une avancée significative, le schéma thérapeutique actuel dans l’Union européenne permettant des injections espacées d’au maximum cinq mois.
Eylea, développé conjointement avec le laboratoire américain Regeneron, est déjà un traitement phare pour les patients souffrant de troubles visuels graves. En permettant des intervalles de traitement plus longs, Bayer entend améliorer l’observance des patients tout en allégeant la charge pesant sur les systèmes de santé européens. Les patients n’auraient plus besoin de consulter leur ophtalmologiste aussi fréquemment, ce qui constitue un bénéfice tant médical qu’économique.
Cette évolution pourrait donner un coup d’avance à Bayer dans sa compétition avec Vabysmo, le médicament rival de la firme suisse Roche. Vabysmo, qui connaît une forte croissance depuis son lancement, est actuellement approuvé pour des intervalles de traitement allant jusqu’à quatre mois, ce qui place désormais Eylea en position favorable avec ses six mois potentiels.
À la suite de cette annonce, les actions de Bayer ont progressé de 2,5 % en début de séance vendredi, surpassant l’indice sectoriel européen Stoxx 600 Health Care, en hausse de 0,7 %. Ce regain de confiance des investisseurs souligne l’impact stratégique que cette approbation pourrait avoir sur la performance commerciale d’Eylea en Europe.
La décision finale revient à la Commission européenne, mais celle-ci suit généralement les recommandations de l’EMA. Bayer a indiqué que l’approbation officielle devrait intervenir dans les prochaines semaines, ouvrant la voie à une mise en œuvre rapide de ce nouveau protocole thérapeutique sur le marché européen.