Une piste encore expérimentale mais pleine d’espoir @heute
Une piste encore expérimentale mais pleine d’espoir @heute

Le dernier espoir brandi contre la maladie d’Alzheimer vient de se heurter à un mur réglementaire. La Haute Autorité de santé (HAS) a refusé, hier mardi 9 septembre, d’autoriser une procédure d’accès précoce pour le Leqembi, un traitement mis au point par l’américain Biogen et le japonais Eisai. Ce médicament, dont les promoteurs affirment qu’il ralentit légèrement la progression de la maladie, est jugé à la fois trop peu efficace et trop risqué.

Des bénéfices jugés minimes face à des risques lourds

Commercialisé sous le nom de Leqembi, le lécanémab avait suscité de fortes attentes, au point d’obtenir une autorisation conditionnelle dans l’Union européenne en avril, mais uniquement pour les patients en tout début de maladie et considérés comme peu à risque. En France, la HAS estime que ses effets bénéfiques restent « modestes », tandis que son profil de tolérance inquiète. Les essais cliniques ont en effet mis en évidence des effets secondaires graves : œdèmes cérébraux, hémorragies, parfois mortelles. Les associations de patients et de proches plaidaient pour un feu vert rapide, arguant que ces nouvelles molécules représentaient enfin une avancée après des décennies de recherche infructueuse. Mais d’autres spécialistes rappellent que l’amélioration constatée reste trop marginale pour transformer réellement la prise en charge des malades.

Un avenir encore incertain en France

Le refus de l’accès précoce signifie que le Leqembi ne sera pas immédiatement pris en charge par l’assurance-maladie, au prix fixé par le laboratoire. L’autorité sanitaire laisse toutefois la porte ouverte à une procédure de droit commun, plus longue et encadrée par des négociations tarifaires. La controverse ne s’éteint pas : aux côtés du donanémab (Kisunia), développé par Eli Lilly, le Leqembi reste l’un des premiers médicaments à avoir montré une action, même limitée, sur l’évolution de la maladie. Mais pour l’heure, la HAS considère qu’il ne comble pas « un besoin médical insuffisamment couvert ». En attendant une éventuelle réévaluation, les patients français devront se contenter de la prudence des experts.

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