Adieu au numerus clausus, adieu la pénurie de médecins ?
Adieu au numerus clausus, adieu la pénurie de médecins ?

C’est une annonce qui bouscule un demi-siècle de sélection drastique. Jeudi 12 juin, le ministre chargé de la Santé, Yannick Neuder, a déclaré vouloir supprimer le numerus clausus, ce mécanisme qui limite depuis 1971 le nombre d’étudiants admis en deuxième année de médecine. Objectif affiché : enrayer la pénurie de soignants et tenter de combler les déserts médicaux qui gangrènent le pays. Invité sur France Inter, le ministre a défendu cette mesure comme une réponse directe à la crise d’accès aux soins. Il a précisé qu’une proposition de loi sera soumise au Sénat le 17 juin. La sélection des futurs médecins ne serait plus dictée par un quota figé, mais par les « besoins sur le territoire ».

Un système à bout de souffle, une réforme risquée

Ce changement intervient dans un climat déjà tendu. En avril, une proposition de loi socialiste avait provoqué la colère des médecins en projetant de conditionner l’installation des libéraux à l’accord de l’Agence régionale de santé. Une mesure perçue comme un coup de pression administratif, jugée « contre-productive » par les étudiants et les praticiens. Supprimer le numerus clausus, en revanche, sonne comme une promesse d’ouverture. Mais reste une inconnue : former plus de médecins, oui, mais où, comment, et avec quels encadrants ? À défaut de réponses concrètes, la fin du numerus pourrait bien être un diagnostic séduisant… avec un traitement incertain.

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