L’annonce a fait l’effet d’un coup de tonnerre sur les marchés. Huit pays membres de l’Opep+ ont décidé de revoir leur stratégie en augmentant fortement leur production de pétrole dès le mois de juin, malgré des cours déjà historiquement bas. Résultat immédiat : les prix du brut ont reculé de plus de 3 % ce lundi 5 mai 2025, atteignant 56,08 dollars le baril pour le WTI américain et 59,17 dollars pour le Brent de la mer du Nord. Ce changement de cap intervient alors que l’économie mondiale reste sous tension, notamment en raison des incertitudes générées par la guerre commerciale menée par les États-Unis. L’Organisation des pays exportateurs de pétrole, menée par l’Arabie saoudite et ses alliés, dont la Russie, semble désormais vouloir regagner des parts de marché, quitte à faire chuter davantage les prix. Les 411 000 barils/jour supplémentaires injectés en juin sont bien supérieurs aux 137 000 prévus initialement. Un virage stratégique assumé.
Quelle est la stratégie de l’Opep ?
Pour les consommateurs, cette politique pourrait se traduire par une baisse prochaine des prix des carburants, encore faut-il que les distributeurs répercutent rapidement cette détente sur les tarifs à la pompe. Les niveaux de production atteints rappellent les périodes où l’Opep cherchait à écraser la concurrence, notamment celle du pétrole de schiste américain. Cette orientation offensive intervient après plusieurs années de restrictions volontaires de l’offre destinées à soutenir les cours. Le revirement traduit une volonté d’adaptation face à un contexte mondial incertain, entre ralentissement économique global et transitions énergétiques en cours. Reste à savoir si cette surproduction ne risque pas d’aggraver la fragilité de certains États producteurs, déjà largement tributaires de la rente pétrolière.