La Bourse de Paris a enregistré un double mouvement spectaculaire ce lundi 16 juin. L’action Renault a chuté de plus de 6 % à l’ouverture, tandis que celle de Kering a grimpé d’autant, alimentée par des spéculations sur une arrivée de Luca de Meo à la tête du groupe de luxe. L’annonce du départ du directeur général de Renault, confirmée dimanche soir, a provoqué une onde de choc parmi les investisseurs. Le constructeur automobile a précisé que son dirigeant quitterait ses fonctions à compter du 15 juillet pour relever « de nouveaux défis en dehors du secteur automobile ». Aucune précision n’a été apportée sur la suite de son parcours, mais plusieurs médias, dont Le Figaro et Challenges, ont affirmé que Luca de Meo est pressenti pour diriger Kering. Ce dernier n’a pas commenté l’information.
Un profil de dirigeant aguerri convoité par le luxe
Agé de 58 ans, francophone, excellent communicant et spécialiste du marketing, Luca de Meo avait pris les commandes de Renault en 2020, en pleine tourmente post-Ghosn. En cinq ans, il a redonné des couleurs au groupe, relancé l’innovation, mis l’accent sur l’électrification et repositionné la marque sur un segment plus haut de gamme. Le dernier chiffre d’affaires trimestriel publié en avril faisait état d’une stabilité à 11,7 milliards d’euros, avec une dynamique positive sur les véhicules électriques et hybrides. Avant de revenir chez Renault, où il avait commencé sa carrière, ce fils de banquier d’affaires passé par 12 pays avait dirigé Fiat — relançant la 500 — puis dynamisé Seat au sein du groupe Volkswagen. Sous sa houlette, Renault a également consolidé ses marques satellites, dont Dacia, Alpine et Lada, tout en posant les bases d’une stratégie de croissance durable.
Un avenir incertain pour Renault, une attente forte chez Kering
Chez Kering, l’hypothèse de son arrivée suscite un regain d’intérêt des investisseurs. Le groupe, en difficulté depuis plusieurs trimestres en raison du déclin de Gucci, sa marque phare, a vu son action gagner 6 % dans la matinée. Le bénéfice net de Kering avait chuté de 62 % en 2024 et son chiffre d’affaires avait reculé de 12 %. Le marché semble anticiper un changement stratégique majeur à travers ce possible recrutement, alors que François-Henri Pinault envisage de se concentrer sur la présidence. Pour Renault, en revanche, le départ de Luca de Meo laisse planer une incertitude. Le groupe traverse une période charnière, marquée notamment par des ajustements au sein de son alliance avec Nissan. Le président du conseil d’administration, Jean-Dominique Senard, a salué le travail accompli, affirmant que l’entreprise retrouvait aujourd’hui « une base saine » et « une magnifique gamme de produits ». Dans l’attente d’un successeur confirmé, Renault devra rassurer marchés et partenaires sur la continuité de sa stratégie.