Pétrole : la demande mondiale continue de grimper malgré le virage électrique de la Chine
Pétrole : la demande mondiale continue de grimper malgré le virage électrique de la Chine

La demande mondiale de pétrole poursuivra sa croissance jusqu’à la fin de la décennie, selon un nouveau rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), malgré un pic anticipé de la consommation chinoise en 2027. L’AIE, qui conseille les pays industrialisés en matière de politique énergétique, prévoit désormais un sommet à 105,6 millions de barils par jour d’ici 2029, avant un léger recul en 2030. Cette estimation confirme la tendance d’un marché mondial encore fortement tributaire des énergies fossiles.

En Chine, premier importateur mondial de brut, la consommation devrait plafonner d’ici deux ans, stimulée par une adoption rapide des véhicules électriques, le développement du rail à grande vitesse et l’usage croissant du gaz naturel pour le transport routier. L’AIE revoit ainsi à la baisse ses prévisions pour la Chine, annonçant une demande en 2030 à peine supérieure à celle de 2024, contre une hausse de près d’un million de barils par jour projetée dans le rapport de l’an dernier.

À l’inverse, les États-Unis voient leur demande future revue à la hausse. Le premier consommateur mondial de pétrole est porté par des prix à la pompe plus bas et un ralentissement de l’adoption des véhicules électriques. La part de ces derniers dans les ventes de voitures neuves devrait plafonner à 20 % en 2030, contre 55 % initialement anticipé. Depuis son retour à la Maison Blanche, Donald Trump a multiplié les initiatives hostiles aux politiques climatiques de son prédécesseur, allant jusqu’à soutenir des résolutions interdisant les quotas de véhicules électriques dans certains États comme la Californie.

Le rapport de l’AIE contredit également la position de l’OPEP, qui ne prévoit pas de pic de la demande à moyen terme. D’ici 2030, la capacité de production mondiale de pétrole devrait augmenter de plus de 5 millions de barils par jour, pour atteindre 114,7 millions. Le marché, estime l’AIE, restera bien approvisionné si aucun choc majeur ne survient. Toutefois, l’organisation alerte sur les risques géopolitiques, notamment à la lumière du conflit opposant actuellement Israël à l’Iran, qui a déjà entraîné une hausse de 5 % du prix du baril.

Pour 2025, l’AIE table sur une hausse de la demande mondiale de 720 000 barils par jour, soit un léger ajustement à la baisse par rapport aux prévisions précédentes. En parallèle, l’offre globale progressera de 1,8 million de barils, tirée par l’augmentation de la production au sein de l’alliance OPEP+. Si l’ère du pétrole roi commence lentement à vaciller, elle n’a pas encore dit son dernier mot.

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