Le luxe mondial face à sa plus forte zone de turbulences depuis la crise de 2008
Le luxe mondial face à sa plus forte zone de turbulences depuis la crise de 2008

Le secteur du luxe, habitué depuis plus d’une décennie à une croissance régulière, se prépare à vivre une année 2025 marquée par un net ralentissement. Selon une étude du cabinet Bain & Company en partenariat avec la fondation italienne Altagamma, l’industrie pourrait connaître ses plus fortes secousses depuis la crise financière de 2008, excluant la parenthèse particulière du Covid. En cause : des vents contraires puissants, mêlant incertitudes économiques et tensions géopolitiques.

Une confiance fragilisée et une demande en recul

L’étude met en avant une série de facteurs conjoncturels qui affectent directement la dynamique du marché : tensions commerciales, volatilité des monnaies, instabilité des marchés financiers, mais surtout une baisse de la confiance des consommateurs. Joëlle de Montgolfier, directrice du pôle luxe chez Bain & Company, évoque une « période particulièrement inhabituelle », marquée par une accumulation d’instabilités politiques et économiques.

Les deux plus gros moteurs du secteur, les États-Unis et la Chine, montrent des signes de repli. Aux États-Unis, les variations des droits de douane pèsent sur les importations, tandis qu’en Chine, la prudence de la classe moyenne freine les achats. Ces ralentissements frappent de plein fouet les ventes d’articles de luxe personnels, comme la maroquinerie ou la joaillerie, qui pourraient reculer de 2 à 5 % en 2025, selon le scénario central de l’étude.

Une normalisation après l’euphorie post-Covid

Après un bond spectaculaire de la consommation de luxe à la sortie de la pandémie, le marché semble revenir à un rythme plus modéré. En 2024, le secteur avait atteint un chiffre d’affaires mondial estimé à 1 478 milliards d’euros. En 2025, une baisse comprise entre -1 et -3 % est attendue sur les premiers mois de l’année, signe d’un rééquilibrage.

Deux scénarios alternatifs sont également envisagés par Bain & Company : un scénario optimiste, avec une stabilité des ventes voire une légère hausse (entre -2 % et +2 %), et un scénario pessimiste qui miserait sur un recul plus marqué, entre -5 % et -9 %, en cas de dégradation plus importante de la conjoncture mondiale.

Malgré ces turbulences annoncées, les experts se veulent rassurants sur le long terme. Le désir de luxe reste vivace à l’échelle mondiale, et la solidité des grandes maisons ainsi que leur capacité d’adaptation devraient leur permettre de traverser cette phase sans remettre en question les fondements du secteur.

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