La guerre commerciale fait chuter les exportations d’acier de la Chine, alourdissant la surproduction intérieure
La guerre commerciale fait chuter les exportations d’acier de la Chine, alourdissant la surproduction intérieure

La Chine, premier producteur et exportateur mondial d’acier, voit ses exportations menacées par la montée du protectionnisme mondial alimentée par la guerre commerciale déclenchée par les États-Unis. Selon plusieurs analystes et négociants, les exportations chinoises d’acier devraient chuter jusqu’à 20 % au deuxième trimestre 2025 par rapport aux trois premiers mois de l’année, un recul qui risque d’aggraver une surabondance d’offre déjà problématique sur le marché intérieur.

Les mesures tarifaires imposées par l’administration Trump, notamment celles visant à décourager le transbordement d’acier via des pays tiers, ont brutalement freiné les expéditions vers les États-Unis. Parallèlement, des partenaires commerciaux traditionnels de Pékin comme la Corée du Sud et le Vietnam ont mis en place leurs propres droits de douane, tentant d’éviter l’arrivée massive d’acier chinois sur leurs marchés locaux.

« Il est certain que les exportations totales vont baisser au deuxième trimestre », a confirmé un négociant chinois, tout en notant que les débouchés alternatifs comme le Moyen-Orient, l’Afrique ou l’Amérique du Sud sont insuffisants pour absorber les volumes en question. La demande domestique, notamment dans le secteur immobilier en difficulté, est elle aussi trop faible pour compenser la perte des marchés étrangers.

Les usines chinoises avaient pourtant profité du premier trimestre 2025 pour exporter massivement avant l’entrée en vigueur des nouvelles barrières douanières, atteignant des niveaux jamais vus depuis 2016. Cette ruée a maintenant laissé place à un climat d’incertitude, les commandes à l’étranger ayant chuté de 20 à 30 % en avril selon le cabinet de conseil Mysteel.

Baosteel, plus grand sidérurgiste coté en Chine, a qualifié la pression actuelle sur les exportations de « sans précédent ». Une baisse prolongée des ventes à l’étranger pourrait entraîner une chute des prix sur le marché intérieur, éroder les marges des producteurs et freiner la demande en intrants comme le minerai de fer.

Les inquiétudes ne se limitent pas à l’acier brut. Certains analystes redoutent que les tensions commerciales s’étendent à des produits finis fortement dépendants de l’acier, comme les véhicules électriques ou l’électroménager, ce qui compromettrait davantage les débouchés pour le secteur sidérurgique chinois dans les mois à venir.

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