Olivier Delacroix se livre sur le syndrome de l’imposteur dans un premier roman à forte résonance autobiographique
Olivier Delacroix se livre sur le syndrome de l’imposteur dans un premier roman à forte résonance autobiographique

Publié le 28 janvier chez Fayard, Le Syndrome de l’imposteur marque l’entrée d’Olivier Delacroix en littérature. L’animateur de Dans les yeux d’Olivier sur France 2 et de Vis ma vie sur Novo 19, dès le jeudi 12 mars à 21h10, y propose un récit de fiction largement inspiré de son propre parcours, explorant un mal intime qui l’a longtemps accompagné et qu’il qualifie aujourd’hui de « compagnon de route ».

Le roman suit Théo Sorgues, journaliste évoluant dans un univers médiatique qu’il décrit comme exigeant, parfois brutal. Malgré la reconnaissance professionnelle, le personnage doute en permanence de sa légitimité. Il redoute d’être « démasqué », convaincu de ne pas mériter sa place. À travers ce journal intime fictif, l’auteur met en scène les mécanismes du syndrome de l’imposteur, ce phénomène psychologique qui pousse à minimiser ses réussites et à attribuer ses succès à la chance plutôt qu’à ses compétences.

Un regard lucide sur les coulisses du monde médiatique

Invité dans plusieurs médias pour évoquer son ouvrage, Olivier Delacroix a expliqué avoir longtemps vécu avec ce sentiment d’illégitimité. « Je vais mieux depuis trois ans », confie-t-il, soulignant que ce doute permanent a aussi nourri chez lui une forme d’exigence. Selon lui, la peur d’être démasqué pousse à travailler davantage, à viser l’excellence. Le syndrome n’est donc pas seulement présenté comme un frein, mais aussi comme un moteur paradoxal.

Le livre aborde également les mécanismes de silence et de compromission dans certains environnements professionnels. Sans citer de noms, l’auteur évoque des comportements toxiques et l’hypocrisie de certaines figures publiques, décrivant un milieu où l’image affichée peut différer fortement de la réalité. Cette dimension critique donne au roman une portée plus large qu’un simple récit introspectif.

Un phénomène largement partagé

Au-delà du parcours de son héros, le roman fait écho à un phénomène répandu. Les psychologues estiment que 60 à 70 % des personnes seraient confrontées au moins une fois dans leur vie à ce sentiment d’imposture. Minimisation des succès, perfectionnisme excessif, peur constante de l’échec ou du jugement : autant de signes que le personnage de Théo incarne au fil des pages.

Olivier Delacroix affirme s’être en partie libéré de ce poids à la quarantaine. Il évoque un tournant personnel autour de 45 ans, marqué par un travail sur lui-même et une quête de sens. S’il reconnaît avoir puisé dans sa propre expérience, il précise que son héros est aussi nourri des témoignages recueillis au fil de sa carrière.

Avec Le Syndrome de l’imposteur, l’animateur franchit une nouvelle étape. Après des années passées à recueillir la parole des autres, il choisit la fiction pour interroger ses propres fragilités et celles d’une génération confrontée à la pression de la performance et du regard des autres.

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