Sous une pression croissante liée à la publication de documents faisant état de liens supposés avec Jeffrey Epstein, l’ancien ministre de la Culture français Jack Lang a proposé ce samedi sa démission de la présidence de l’Institut du monde arabe à Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères. Le chef de la diplomatie française « prend acte » de cette offre de démission, a-t-il indiqué, tandis que les appels à un changement de direction s’intensifient dans le paysage politique et médiatique.
Cette démission arrive après la publication fin janvier de nouveaux documents issus de la justice américaine qui ont mis en lumière les liens entre Jack Lang et le financier américain Jeffrey Epstein, décédé en 2019 et reconnu coupable de crimes sexuels. Les révélations ont suscité des critiques publiques et politiques en France, avec plusieurs responsables et personnalités réclamant la fin de son mandat à la tête de l’IMA.
Une enquête en cours
Une enquête préliminaire a été ouverte par le Parquet national financier pour des faits de « blanchiment de fraude fiscale aggravée » visant Jack Lang et sa fille, Caroline Lang, suite à ces révélations. Ces éléments ont accentué la pression contre l’ancien ministre, qui dirigeait l’Institut du monde arabe depuis 2013, une institution culturelle de premier plan financée en grande partie par l’État français.
Dans sa lettre, Jack Lang a indiqué qu’il souhaitait remettre sa démission lors d’un conseil d’administration extraordinaire, qui pourrait également désigner son successeur afin d’assurer la continuité de l’institution. Jean-Noël Barrot a déclaré qu’il allait engager la procédure pour désigner une présidence intérimaire dans un délai d’une semaine.
Jack Lang se dit innocent
Malgré ces développements, Jack Lang a maintenu publiquement qu’« les accusations portées à mon encontre sont infondées », affirmant qu’une enquête permettrait de faire toute la lumière sur les faits évoqués dans les documents. Il avait précédemment expliqué qu’il ne connaissait pas la dimension criminelle des activités d’Epstein au moment de leurs rencontres, affirmant que celles-ci s’inscrivaient dans un contexte d’intérêt pour l’art et la culture.
La perspective de sa démission de la présidence de l’IMA apparaît comme une réponse aux appels répétés des milieux politiques et médiatiques, qui estiment que ses liens supposés avec Epstein compromettent la crédibilité de l’institution.