Epstein: le PNF ouvre une enquête pour blanchiment de fraude fiscale aggravée visant Jack Lang et sa fille Caroline
Epstein: le PNF ouvre une enquête pour blanchiment de fraude fiscale aggravée visant Jack Lang et sa fille Caroline

Une enquête préliminaire a été ouverte par le Parquet national financier à l’encontre de Jack Lang, ancien ministre de la Culture et président de l’Institut du monde arabe, et de sa fille Caroline Lang pour des faits de « blanchiment de fraude fiscale aggravée ». Cette procédure judiciaire fait suite aux révélations sur les liens entre la famille Lang et l’homme d’affaires américain Jeffrey Epstein, criminel sexuel condamné aux États-Unis et décédé en prison en 2019. 

Les investigations du PNF portent sur des éléments découverts dans des documents publics américains rendus accessibles fin janvier par le ministère de la Justice des États-Unis, notamment des correspondances et des transactions financières impliquant des proches de l’ancien financier. Ces informations ont également été exposées par des médias d’investigation comme Mediapart, sur lesquels s’appuie l’enquête française. 

D’après le PNF, les faits reprochés concernent des liens financiers présumés entre Jack Lang, sa fille Caroline et Jeffrey Epstein, en particulier des opérations supposées avoir été organisées via des structures à l’étranger. La mesure judiciaire ne constitue pas une mise en accusation formelle, mais une phase d’investigation visant à déterminer si des infractions pénales ont été commises. 

Les liens entre les Lang et Jeffrey Epstein révélés par les documents américains

Les documents publiés comportent de nombreuses mentions du nom de Jack Lang dans les échanges avec Epstein, ce qui a attiré l’attention des enquêteurs et des médias internationaux. Selon des analyses de ces fichiers, Epstein et Lang ont correspondu de façon intermittente entre 2012 et la mort de l’Américain en 2019, dans certains cas après la condamnation de ce dernier en 2008 pour sollicitation de prostitution de mineure. Une revue de ces éléments par l’agence Reuters souligne que Lang a reconnu connaître Epstein mais nie toute implication dans ses activités illégales. 

Pour sa part, Caroline Lang est mentionnée dans plusieurs pièces du dossier. Elle a cofondé en 2016 une société enregistrée aux îles Vierges américaines avec Jeffrey Epstein et figure également sur un testament financier signé par le financier deux jours avant sa mort, lequel stipulait qu’elle devait recevoir une somme de 5 millions de dollars, une disposition qu’elle affirme ne pas avoir connue ou reçue. 

Jack Lang sous pression

La révélation de ces liens a accru la pression politique et institutionnelle sur Jack Lang, qui occupe la présidence de l’Institut du monde arabe à Paris depuis 2013. Le ministère des Affaires étrangères, principal financeur de l’IMA, l’a convoqué pour une rencontre prévue dimanche afin d’évoquer ces révélations et leur impact sur l’institution qu’il dirige. Le gouvernement français n’exclut aucune option, y compris une demande de démission, en fonction des conclusions de l’enquête et des impératifs de gestion de l’IMA. 

Caroline Lang a démissionné de ses fonctions de présidente du Syndicat de la production indépendante, un poste qu’elle occupait avant la révélation des liens avec Epstein. Elle a déclaré qu’elle n’avait « jamais perçu de rémunération ni de bénéfice » de la société commune avec Epstein et a assuré qu’elle répondrait « loyalement » aux questions de la justice. 

Jack Lang, qui a exclu toute démission de la présidence de l’IMA, a affirmé qu’il avait ignoré le passé criminel de Jeffrey Epstein lorsqu’ils se sont rencontrés, notamment via une connaissance commune, ce que plusieurs sources médiatiques relaient. 

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