Gamescom 2025 : le salon du jeu vidéo cherche un nouveau souffle
Gamescom 2025 : le salon du jeu vidéo cherche un nouveau souffle

Plus grand salon international dédié au jeu vidéo, la Gamescom a ouvert ses portes le 20 août à Cologne, en Allemagne. Jusqu’au 24 août, plus de 350 000 visiteurs et quelque 1 500 exposants sont attendus pour une édition 2025 placée sous le signe de la transition, entre promesses créatives et tensions économiques.

Une industrie en plein doute

Longtemps portée par l’essor du marché pendant les années de confinement, l’industrie du jeu vidéo fait aujourd’hui face à un net ralentissement. Selon les chiffres relayés par Radio France, les ventes globales de jeux, consoles et accessoires ont chuté de 5,8 % en France en 2024. Sur le plan mondial, les studios accusent le coup : fermetures, projets annulés et plans sociaux se multiplient. Près de 30 000 emplois auraient été supprimés dans le secteur en deux ans, dont 9 000 rien que chez Microsoft.

Malgré une fréquentation toujours massive, la Gamescom 2025 se déroule donc dans un climat de questionnement profond. Le modèle dominant des blockbusters vidéoludiques, aux budgets colossaux et aux risques tout aussi élevés, est remis en cause. De plus en plus de professionnels misent désormais sur des projets plus modestes, portés par une direction artistique forte et une identité marquée. Le succès du jeu français Clair Obscur : Expédition 33, écoulé à plus de 4 millions d’exemplaires malgré un budget limité, est cité comme l’exemple à suivre.

De nouveaux acteurs et de nouvelles voix

Cette édition 2025 de la Gamescom est aussi marquée par l’émergence de profils inattendus venus des quatre coins du globe. C’est notamment le cas du studio sénégalais Amanirenas, dirigé par Mame Mor Kandji, qui souhaite faire du jeu vidéo un outil de transmission culturelle. Présent à Cologne avec plusieurs créations, dont un jeu sur la lutte sénégalaise, le studio entend représenter une nouvelle voie pour l’industrie : des contenus développés en Afrique, pour un public africain, mais avec une portée universelle. « Nous voulons que les jeux deviennent les griots modernes », a déclaré Kandji à RFI, évoquant la nécessité de préserver les récits oraux à travers des formats contemporains.

Derrière les grands noms attendus comme Microsoft, Nintendo, Ubisoft ou encore Google – tous présents cette année – cette édition met donc aussi en lumière la diversité des approches, des marchés et des ambitions. Dans un contexte incertain, la Gamescom 2025 donne à voir une industrie qui cherche à se réinventer : entre investissements colossaux, expérimentations narratives, et ouverture à de nouveaux territoires, le jeu vidéo joue plus que jamais sa prochaine manche.

Partager