Tom Wilson a enflammé le match du Canada contre la France aux Jeux olympiques, prouvant que, même en tournoi international, le hockey peut être sans pitié. L’attaquant ne s’est pas laissé intimider par les règles qui proscrivent les bagarres. Il a en effet montré les poings lors la victoire écrasante du Canada 10-2, allant affronter le joueur qui avait porté un coup de coude à la tête de son coéquipier Nathan MacKinnon quelques minutes plus tôt.
« Évidemment, les bagarres ne sont pas très présentes dans ce tournoi, mais quand un gars s’en prend à l’un de nos gros joueurs, c’est ce que fait Willy », a expliqué Drew Doughty, triple olympien. « Je veux dire, il fait beaucoup plus que ça, mais c’était génial de le voir intervenir. »
Une revanche pour MacKinnon
Wilson a affronté Pierre Crinon, qui a écopé d’une pénalité de deux minutes et s’est excusé auprès de MacKinnon après le coup. Le but marqué 25 secondes plus tard lors de la supériorité numérique n’a pas été considéré comme une punition suffisante par les joueurs canadiens.
« On n’a pas aimé ce coup : il nous a semblé tardif et haut », a déclaré Connor McDavid, meilleur marqueur du tournoi. « Willy termine juste son check, le gars lui saute dessus, et Willy se défend. C’est tout ce qu’il peut faire. C’est le genre de gars qu’il est, le type de coéquipier qu’il est. Rien que du respect pour lui. »
Contrairement à la LNH, où il s’agit d’une pénalité de 5 minutes, la bagarre entraîne une expulsion selon les règles de la Fédération internationale de hockey sur glace. Wilson et Crinon ont donc été retirés du match, mais la rencontre était déjà largement pliée : Wilson n’a manqué que les sept dernières minutes.
« On est habitués à ce qu’il se passe beaucoup plus que ça, donc c’était plutôt anodin dans l’ensemble », a relativisé l’entraîneur Jon Cooper. « Se battre pour ses coéquipiers, c’est naturel pour lui. »
Un triplé “Gordie Howe” pour compléter la performance
Wilson n’a pas seulement pris part à la bagarre : il a également marqué un but et obtenu une assistance, réalisant ce que l’on appelle dans le hockey un « triplé Gordie Howe ».
L’attaquant de 31 ans est l’un des rares nouveaux venus de l’équipe canadienne à ne pas avoir participé au 4 Nations Face-Off l’an dernier, tournoi marqué par trois bagarres dans les neuf premières secondes du premier match contre les États-Unis.
Sa bagarre a lieu exactement un an après ces affrontements, lorsque Brandon Hagel, Sam Bennett et Colton Parayko avaient croisé le fer avec les Américains Matthew Tkachuk, Brady Tkachuk et J.T. Miller.
« Écoutez, je ne pense pas qu’on puisse passer ce tournoi sans en voir une », a commenté Hagel en souriant. « C’était probablement le sujet de discussion autour de l’arrivée de Wilson. Mais c’est juste ce que fait Willy : il défend ses coéquipiers. »
Le respect de MacKinnon
MacKinnon, qui a mis du temps à se relever et a passé un moment sur le banc avant de revenir sur la glace, a apprécié l’intervention de Wilson.
« Ce gars-là ne voulait clairement pas se battre avec Tom », a reconnu MacKinnon. « Il voulait juste se bagarrer. Moi non plus, je ne voudrais pas me battre avec Tom. »
Une valeur sûre pour le Canada
Wilson a été sélectionné pour son physique et sa capacité à récupérer la rondelle, mais aussi pour sa production offensive à haut niveau avec les Washington Capitals, dont il est le meilleur marqueur cette saison avec 49 points en 50 matchs.
Il est pressenti pour devenir capitaine des Capitals lorsque Alex Ovechkin prendra sa retraite, et Jon Cooper le qualifie d’« exceptionnel dans le vestiaire ». Se battre aux Jeux olympiques ne fait que renforcer sa crédibilité auprès de ses coéquipiers, lui qui n’a pas donné d’interview après le match.
« On sait que Willy nous couvre », a souligné Bennett. « Il va protéger tous nos gars et apporter de l’énergie. On adore ça de la part de Willy. Il ferait n’importe quoi pour notre équipe. »
Même les gardiens apprécient
Le gardien Jordan Binnington, connu pour donner un petit coup de son bloqueur lorsqu’il est mécontent, a également salué la performance : « Je n’étais définitivement pas surpris », a-t-il déclaré. « C’est le hockey, non ? C’est ça le hockey. »