À un peu plus de trois ans des Jeux olympiques de Los Angeles, la question de la participation des athlètes transgenres reste entière. Sous pression depuis la signature par Donald Trump, en février, d’un décret excluant les sportives transgenres ayant connu une puberté masculine des compétitions féminines, le Comité olympique américain (USOPC) a refusé de trancher. « Nous n’avons pas et nous n’aurons pas de politique d’éligibilité », a affirmé sa directrice générale Sarah Hirshland, renvoyant la responsabilité aux fédérations internationales.
Pourtant, cette position d’évitement soulève des interrogations fondamentales. Car si la neutralité affichée par l’USOPC peut s’expliquer par un souci de ne pas heurter le Comité international olympique (CIO) ou les principes d’inclusion, elle laisse planer un flou préoccupant. L’équité sportive repose sur des bases biologiques objectives. Or, les performances physiques sont inégalement réparties selon le sexe, et des études ont déjà démontré les avantages compétitifs conservés par certains athlètes transgenres, notamment en termes de densité osseuse ou de masse musculaire.
Un débat qui dépasse le politique
Le décret signé par Donald Trump – intitulé Keeping Men out of Women’s Sports – a, certes, envenimé le débat en politisant à outrance la question, notamment en évoquant une supposée participation de l’Algérienne Imane Khelif, pourtant femme biologique. Mais derrière les provocations, la question centrale demeure : peut-on garantir une compétition juste si des athlètes nés hommes participent aux épreuves féminines ? De nombreuses fédérations, à l’instar de World Athletics, ont tranché : depuis 2023, les femmes trans ayant effectué leur transition après 12 ans ne sont plus autorisées à concourir dans leur catégorie.
La position attentiste de l’USOPC pourrait ainsi créer des tensions en amont des Jeux. Si l’organisation s’engage à respecter les décisions des fédérations, elle devra aussi composer avec la législation américaine et l’opinion publique, majoritairement défavorable à la participation des transgenres dans le sport féminin de haut niveau. Le président du comité, Gene Sykes, a bien tenté de rassurer en affirmant avoir reçu des « garanties » sur la délivrance de visas pour tous les athlètes qualifiés. Mais cette promesse reste vague, notamment concernant les profils transgenres.
La question de l’éligibilité des athlètes transgenres aux Jeux olympiques ne relève pas uniquement du politique ou du militantisme. Elle touche au cœur de la compétition : l’équité. Refuser de l’aborder frontalement, sous prétexte de neutralité, revient à éluder un débat qui concerne à la fois les sportives, leur intégrité et la crédibilité même des compétitions.