Le régulateur russe des médias, le Roskomnadzor, a ordonné le blocage de Roblox sur l’ensemble du territoire, considérant que la plateforme, très prisée des jeunes, expose les mineurs à des contenus jugés dangereux. Selon la BBC, qui rapporte la décision, les autorités y voient un risque “moral” et “spirituel”, un argument déjà utilisé dans de précédentes mesures de censure.
Contenus “extrémistes” et inquiétudes sur la protection des mineurs
Le Roskomnadzor affirme avoir identifié sur Roblox des éléments qu’il qualifie “d’inappropriés”, évoquant des jeux inspirés d’attentats, des simulations de paris ou encore des contenus liés aux thématiques LGBT, considérées comme “extrémistes” au regard de la législation russe. Ces accusations, relayées par plusieurs médias russes, s’ajoutent à des préoccupations plus larges sur la sécurité des mineurs : le régulateur dénonce notamment des cas de harcèlement sexuel, d’extorsion d’images intimes et “d’actes dépravés”, selon un communiqué cité par les agences de presse russes et repris par franceinfo.
La plateforme permet à ses utilisateurs de concevoir puis de partager leurs propres jeux, ce qui rend difficile un contrôle total des contenus. Certains environnements virtuels ont aussi servi à diffuser des messages pro‑ukrainiens, comme l’a raconté à franceinfo un jeune joueur moscovite affirmant avoir découvert des drapeaux ukrainiens et des inscriptions critiques à l’égard du symbole “Z”. Ces exemples, rapportés exclusivement par franceinfo, aggravent la défiance des autorités envers un espace perçu comme incontrôlable.
Une mesure politique dans un contexte de censure généralisée
Roblox rejoint ainsi une liste d’applications déjà bloquées en Russie, où la surveillance d’Internet s’est intensifiée ces dernières années. Le jeu, utilisé quotidiennement par environ 100 millions de personnes dans le monde selon l’entreprise, dont une forte proportion de mineurs, avait déjà été interdit dans des pays comme la Turquie, l’Iran ou la Chine, pour des motifs de sécurité des enfants.
La société américaine rappelle de son côté qu’elle se conforme aux lois locales des États où elle opère et assure avoir renforcé ses outils de modération, citant notamment des dispositifs de contrôle d’âge. Cette mise au ban intervient alors que d’autres services numériques, tels que WhatsApp ou Telegram, rencontrent ces derniers jours de fortes perturbations en Russie, laissant craindre, selon franceinfo, un blocage généralisé des messageries.