Les enquêteurs espagnols estiment qu’une fracture du rail s’est probablement produite avant le déraillement d’un train à grande vitesse impliqué dans la collision survenue dimanche dernier à Adamuz (province de Cordoue), qui a fait 45 morts. C’est ce qu’indique un rapport préliminaire publié vendredi par la CIAF, l’organisme chargé d’enquêter sur les accidents ferroviaires en Espagne.
Selon ce document, les premiers éléments disponibles laissent penser que la rupture était déjà présente avant le passage du train du consortium privé Iryo, qui a déraillé avant de percuter de plein fouet un TGV de la compagnie nationale Renfe. La CIAF précise toutefois que la cause de la rupture n’est pas encore établie et qu’aucune hypothèse n’est exclue à ce stade.
Le rapport décrit également des dommages constatés sur les roues du train Iryo : les enquêteurs ont relevé des entailles régulières sur plusieurs bandes de roulement, compatibles avec un choc contre la partie supérieure d’un rail. Une comparaison visuelle suggère une correspondance entre ces marques et les dégâts observés sur la portion de rail cassée.
Autre élément jugé important : la CIAF indique avoir trouvé des dommages similaires sur les roues d’autres trains ayant franchi la zone avant l’accident, ce qui pourrait appuyer l’idée d’un défaut apparu en amont du drame. Les enquêteurs soulignent cependant que ces conclusions doivent encore être confirmées par des calculs supplémentaires et une analyse plus détaillée.