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INTERVIEW ENTREVUE – Sylvester Stallone raconte l’extrême pauvreté de ses débuts: «On n’avait pas d’eau chaude, on jouait avec les souris», «je livrais du poisson et j’étais placeur dans un théâtre»

INTERVIEW ENTREVUE - Sylvester Stallone raconte l'extrême pauvreté de ses débuts: «On n’avait pas d’eau chaude, on jouait avec les souris», «je livrais du poisson et j’étais placeur dans un théâtre» (Photo: Instagram de Sylvester Stallone)
INTERVIEW ENTREVUE - Sylvester Stallone raconte l'extrême pauvreté de ses débuts: «On n’avait pas d’eau chaude, on jouait avec les souris», «je livrais du poisson et j’étais placeur dans un théâtre» (Photo: Instagram de Sylvester Stallone)

Alors qu’il a célébré en juillet ses 80 ans, Sylvester Stallone se livre comme rarement. La star de Rocky et Rambo a publié ce mercredi en France Un pas après l’autre, ses mémoires dans lesquelles il revient sur le chemin vertigineux qui l’a conduit de la pauvreté aux sommets d’Hollywood. Avant de devenir l’une des plus grandes stars du cinéma mondial, Stallone a connu les petits boulots, les refus, le manque d’argent et une enfance particulièrement difficile. Des souvenirs que Stallone avait déjà racontés avec une franchise étonnante dans Entrevue. L’acteur nous a parlé sans détour de la pauvreté, de ses débuts chaotiques, de son père violent, de ses complexes, de ses années de galère, de Rocky, de la célébrité et de sa peur de vieillir. À l’occasion de la publication de ses mémoires, (re)découvrez notre interview culte de Sylvester Stallone.

Entrevue : Malgré votre âge, vous jouez toujours les gros bras… Vous arrivez encore à tenir le rythme ?
Sylvester   Stallone  :  Vous savez, quand vous êtes jeune, vous avez l’impression d’être éternel. Mais aujourd’hui, j’aborde chacun de mes tournages comme si c’était le dernier ! Cela dit, la vie est sympa, je me marre. J’ai de bons souvenirs, je ne me suis jamais ennuyé. Il y a bien des films que je suis obligé de refuser à cause de mon âge, mais on ne peut pas tout avoir ! ( Rires )

Vous n’avez pas le sentiment que Rambo est le symbole d’une Amérique dominatrice ?
Peut-être, mais je n’y peux rien ! Le plus malheureux, c’est que pendant longtemps, les gens ont fait l’amalgame et m’ont pris pour un gros bourrin anti-communiste primaire.

Avec Arnold Schwarzenegger, autre monstre sacré du cinéma, c’est plutôt la bonne entente ou la rivalité ?
Nous n’avons jamais été des rivaux. C’est la presse et les studios qui ont inventé ces tensions afin qu’on parle encore de nous ! On se voit souvent, on déjeune ensemble, comme deux anciens combattants.

Enfant, on ne me calculait pas ! J’étais squelettique, j’avais la bouche de travers et des problèmes d’élocution.

Vous avez souvent dit que votre plus grande peur était de ne plus travailler. C’est toujours le cas ?
Non, je n’ai plus l’ambition que j’avais auparavant. Quand Rocky est sorti, je voulais bouffer le monde, ma carrière passait avant tout. Mais j’ai eu beaucoup de problèmes personnels, je suis devenu une personne différente. Ma famille est devenue ma priorité.

Avant d’incarner le macho parfait, comment étiez-vous enfant ?
On ne me calculait pas ! ( Rires ) Enfant, j’étais squelettique, j’avais la bouche de travers et des problèmes d’élocution. N’importe quel gamin en aurait fait des cauchemars ! Entre moi et un bulldog, c’était le chien qui était le plus mignon ! ( Rires ) Et pour couronner le tout, j’étais un vrai écervelé !

Vous n’aviez rien dans le crâne ?
C’est ça. J’étais fan de Superman et j’ai sauté d’un toit en pensant que moi aussi, j’étais capable de voler. Je me suis pété la clavicule !

Vous parlez de votre bouche de travers. Ça a été un complexe ?
Ma bouche de travers, je vis avec depuis la naissance. J’aurais pu être anéanti. Mais au lieu de ça, j’ai eu envie de me battre. Quand vous avez un défaut physique, vous suscitez le ridicule et la curiosité. C’est la raison pour laquelle j’ai toujours travaillé avec tant de rage !

Quand votre père vous traite de raté, ça marque. Les premiers coups de poing que j’ai donnés dans un punching-ball, c’est en pensant à lui !

Votre rage, elle est aussi venue du fait que votre père vous battait ?
C’est bien possible ! Quand votre père vous traite de raté, ça marque. Les premiers coups de poing que j’ai donnés dans un punching-ball, c’est en pensant à lui !

Il vous a quand même envoyé en Suisse pour faire des études…
Parce que je m’étais fait virer de partout ! Pour autant, je n’ai jamais été au bout de mes études d’esthéticien.

Vous regrettez ?
Le seul regret, c’est d’avoir quitté toutes ces filles qui prenaient soin de moi !

Pour revenir sur votre parcours, vous avez toujours été ambitieux ?
Oui, depuis toujours, mais j’avais tendance à être étourdi. Si en cours je voyais un oiseau dehors, je n’avais qu’une envie : partir avec lui !

À cette époque, vous aviez des amis ?
Non. Ce n’était pas facile parce que j’ai changé 14 fois d’école. En plus on trouvait mon prénom ridicule ! Du coup, je me faisais appeler Mickey !

Après quatre ans de lycée, j’ai nettoyé les cages aux lions, je livrais du poisson et j’étais placeur dans un théâtre.

Et pour ne rien arranger, vous avez grandi dans un quartier pourri de New York ?
Oui, Hell’s Kitchen. On n’avait pas d’eau chaude, on ne savait pas si la salle de bains était les toilettes ou la pièce à poubelles. Pour se marrer, on jouait avec les souris et je priais pour être quelqu’un d’autre. Sinon, c’était sympa ! ( Rires )

Et que diriez-vous à propos de votre période de petits boulots ?
Après quatre ans de lycée, j’ai nettoyé les cages aux lions, je livrais du poisson et j’étais placeur dans un théâtre. Je faisais tout ça de nuit pour pouvoir passer des auditions pendant la journée. C’est ce qui me motivait.

Vous avez connu une traversée du désert durant votre carrière. Comment vous l’expliquez?
J’avais peut-être tout simplement oublié que le muscle qu’il faut le plus entretenir chez l’homme, c’est le cerveau ! J’avais commencé à me sentir invincible, à bomber le torse à tout-va…

La grosse tête, quoi…
Pire ! ( Rires ) Après le succès de Rocky et Rambo, j’étais une baudruche décérébrée ! Mais aujourd’hui, je ne suis plus intoxiqué, je ne suis plus drogué à l’autosatisfaction ! Tout ça est bel et bien derrière moi…

La célébrité n’est plus une drogue pour vous ?
Non. Mais la célébrité n’a pas que des avantages. Par exemple, il m’est très difficile de rencontrer de nouvelles personnes, car ceux qui ont le cran de venir me parler sont souvent bourrés et vous ne comprenez rien de ce qu’ils vous racontent ! Quant aux autres, ils sont morts de trouille !

J’aimerais mourir entouré de ma famille, avec si possible mes propres cheveux et mes propres dents.

Vous pensez à la retraite aujourd’hui ou c’est quelque chose de totalement inenvisageable ?
Le jour où je ne pourrai plus marcher, j’arrêterai de tourner ! Ce n’est pas parce que les gens pensent que je suis trop vieux pour jouer que c’est vrai.

Comment aimeriez-vous finir ?
J’aimerais mourir entouré de ma famille, avec si possible mes propres cheveux et mes propres dents.

Avec vos propres dents ? C’est très surprenant comme réponse…
Ça peut paraître bizarre, mais j’ai la phobie de perdre mes dents ! L’idée de porter un dentier me hante. Je préfère encore opter pour la paille et la purée bien liquide !

Quand vous n’en serez plus là, vous croyez que les gens se souviendront de vous ?
Je ne sais pas, peut-être. Ce qui est sûr, c’est que dans 50 ans, on parlera de moi comme d’un dinosaure ! ( Rires )

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