Zelensky met en garde contre l’impact de la hausse du pétrole sur l’effort de guerre russe
Zelensky met en garde contre l’impact de la hausse du pétrole sur l’effort de guerre russe

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a averti vendredi que la récente flambée des prix du pétrole, provoquée par les frappes israéliennes contre l’Iran, risquait de renforcer la machine de guerre russe en Ukraine. « Les Russes se renforcent grâce à l’augmentation des revenus issus des exportations de pétrole », a-t-il déclaré à la presse à Kyiv, estimant que cette dynamique pourrait fragiliser la position de l’Ukraine sur le champ de bataille.

Cette hausse, estimée à 7 % sur les marchés mondiaux en l’espace de 48 heures, suscite des inquiétudes quant à une possible déstabilisation plus large du Moyen-Orient, susceptible de perturber davantage les flux énergétiques. Pour Zelensky, l’absence de plafonds de prix efficaces sur le pétrole russe permet à Moscou de financer son offensive militaire, malgré les sanctions internationales.

Le président ukrainien a indiqué qu’il entendait évoquer cette situation directement avec son homologue américain Donald Trump lors d’un échange prévu prochainement. Il a également exprimé ses craintes de voir l’aide militaire occidentale être détournée vers Israël, à la faveur des tensions croissantes au Proche-Orient. Il a cité comme exemple une cargaison de 20 000 missiles intercepteurs initialement destinée à l’Ukraine, mais redirigée vers Israël.

« Cela a été un coup dur pour nous », a-t-il reconnu, soulignant que l’Ukraine fait face à une moyenne de 300 à 400 drones russes par jour. Par ailleurs, un système de défense Barak-8 promis par Israël n’a jamais été livré, ayant été envoyé aux États-Unis pour réparations sans retour.

Zelensky a aussi noté un ralentissement de la dynamique au sein de la « Coalition des volontaires », un groupe de 31 pays qui soutiennent Kyiv. Selon lui, cette baisse d’élan est due à l’incertitude américaine quant à son rôle de garant ultime. L’idée d’une « force de réassurance » composée de troupes étrangères reste sur la table, mais dépendrait d’un soutien clair des États-Unis.

Fait notable, Zelensky a lié pour la première fois cette présence étrangère à de possibles compromis territoriaux avec la Russie : « Leur présence nous donne la possibilité de négocier, car notre État n’a pas actuellement la force de récupérer tous ses territoires dans les frontières de 1991. »

En parallèle, des progrès ont été réalisés dans les échanges de prisonniers et de dépouilles. Selon Kyiv, Moscou a restitué samedi 1 200 corps de soldats ukrainiens, dans le cadre d’un accord issu des pourparlers de paix du 2 juin à Istanbul. Un nouveau groupe de combattants gravement blessés a également été échangé, bien que les chiffres n’aient pas été précisés.

Enfin, Moscou a revendiqué la prise du village de Zelenyi Kut dans la région de Donetsk, au cours d’une nouvelle offensive. L’armée ukrainienne n’a pas encore commenté cette information. De son côté, la défense ukrainienne affirme avoir abattu ou brouillé 43 des 58 drones lancés par la Russie dans la nuit. Un civil a été tué dans la région de Kherson.

Un appel téléphonique entre Vladimir Poutine et Donald Trump a eu lieu samedi, au cours duquel le président russe a évoqué les résultats des pourparlers d’Istanbul, y compris les échanges de prisonniers. Selon Moscou, Trump aurait exprimé son souhait de voir le conflit russo-ukrainien prendre fin rapidement. Reste à savoir si cette déclaration d’intention se traduira en actes.

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