La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a affirmé samedi que les puissances occidentales n’ont jamais eu la volonté sincère de parvenir à un règlement pacifique du conflit en Ukraine. Cette déclaration, relayée par l’agence de presse russe TASS, intervient au lendemain de premières discussions entre responsables russes et ukrainiens, tenues mercredi mais non détaillées publiquement.
Selon Zakharova, la paix n’a « jamais été à l’ordre du jour réel de l’Occident », qu’elle accuse de prolonger délibérément les hostilités en continuant de fournir des armes à l’Ukraine. « Si l’Occident souhaite une paix réelle en Ukraine, il cessera de fournir des armes à Kiev », a-t-elle déclaré, reprenant un argument récurrent de Moscou depuis le début de l’invasion en février 2022.
Ces propos marquent une évolution dans la communication de Zakharova, qui avait refusé jeudi de commenter officiellement les discussions entre Moscou et Kiev. Ils s’inscrivent dans une stratégie plus large du Kremlin visant à rejeter sur les alliés occidentaux la responsabilité de l’impasse diplomatique actuelle.
Depuis le début de la guerre, les capitales occidentales ont affirmé à maintes reprises que la fourniture d’armement à l’Ukraine vise uniquement à permettre au pays agressé de se défendre, et qu’aucune solution ne saurait être imposée sans le consentement de Kiev. De son côté, Moscou réclame des garanties de neutralité pour l’Ukraine, ainsi que la reconnaissance de l’annexion de territoires occupés — des conditions inacceptables pour l’Ukraine et ses soutiens.
Alors que les combats continuent sur plusieurs fronts, notamment dans les régions de l’est et du sud du pays, les appels à une reprise du dialogue se multiplient. Le pape Léon XIII a récemment proposé que le Vatican accueille d’éventuelles négociations de paix, une idée rejetée par la Russie qui considère l’État pontifical comme trop aligné sur l’OTAN.
Les déclarations de Maria Zakharova soulignent la persistance d’un fossé profond entre les intentions affichées de chaque camp et les accusations croisées qui empêchent pour l’instant tout véritable progrès diplomatique.