Xi Jinping en visite en Russie : une démonstration d’unité stratégique face à l’Occident
Xi Jinping en visite en Russie : une démonstration d’unité stratégique face à l’Occident

MOSCOU – Le président chinois Xi Jinping entame ce mercredi une visite de quatre jours en Russie, destinée à renforcer son alliance stratégique avec Vladimir Poutine et à envoyer un signal fort d’unité face à l’influence occidentale. Cette visite hautement symbolique, la onzième de Xi en tant que chef d’État chinois en Russie, intervient dans un contexte géopolitique tendu, marqué par la guerre en Ukraine et la guerre commerciale entre Pékin et Washington.

Xi et Poutine doivent s’entretenir jeudi lors d’un sommet bilatéral et participer ensemble vendredi au défilé militaire organisé sur la Place Rouge pour commémorer le 80e anniversaire de la victoire contre l’Allemagne nazie. Des troupes chinoises défileront aux côtés des forces russes, une première depuis le début de la guerre en Ukraine, alors que le Kremlin entend faire de cet événement une vitrine de sa résilience et de ses alliances.

La visite de Xi Jinping intervient à un moment où Vladimir Poutine cherche à démontrer que la Russie n’est pas isolée sur la scène internationale, en dépit des sanctions occidentales imposées après l’invasion de l’Ukraine. Pékin, en se positionnant comme principal partenaire économique de Moscou, a offert un véritable soutien à l’économie russe, en absorbant une grande partie de ses exportations énergétiques et en lui fournissant des biens technologiques essentiels.

« Le sommet russo-chinois enverra un signal important à la communauté internationale sur les approches communes de la Russie et de la Chine dans la défense de l’ordre mondial d’après-guerre », a déclaré la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova. Selon Moscou, ce rapprochement illustre la montée d’un monde multipolaire et la remise en cause de la domination américaine sur les affaires internationales.

Au programme des discussions entre les deux dirigeants figurent la coopération énergétique, la guerre en Ukraine et le projet de gazoduc Power of Siberia 2, censé relier la Sibérie à la Chine. Bien que ce projet reste encore à l’état de plan, il incarne la volonté russe de réorienter durablement ses exportations vers l’Asie.

Malgré les appels de l’Ukraine à boycotter le défilé du 9 mai, au nom de la neutralité, Xi Jinping a confirmé sa participation, marquant une nouvelle fois le soutien diplomatique de Pékin à Moscou. Le président chinois, tout en appelant à des négociations pour mettre fin au conflit, a régulièrement accusé les États-Unis d’attiser la guerre via leurs livraisons d’armes à Kiev.

Alors que Donald Trump, revenu à la Maison-Blanche, tente d’imposer un cessez-le-feu en Ukraine, cette démonstration d’unité russo-chinoise constitue un obstacle majeur à toute solution dictée par l’Occident. Pour le Kremlin, cette visite s’inscrit dans une stratégie assumée de contournement des sanctions occidentales et de consolidation de nouveaux équilibres géopolitiques. Xi, lui, affirme vouloir façonner « des changements que le monde n’a pas vus depuis un siècle ».

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