Washington réduit sa présence diplomatique au Moyen-Orient alors que les tensions s’aggravent
Washington réduit sa présence diplomatique au Moyen-Orient alors que les tensions s’aggravent

WASHINGTON — Les États-Unis ont ordonné mercredi le retrait de leurs personnels non essentiels de plusieurs ambassades et bases militaires au Moyen-Orient, face à une montée des tensions régionales, notamment autour du programme nucléaire iranien et de la stabilité générale dans la région.

Le département d’État a annoncé le départ obligatoire de tout le personnel non essentiel de l’ambassade américaine à Bagdad, déjà réduite à une présence minimale depuis plusieurs mois. Bien que cette mesure n’affecte qu’un petit nombre d’agents, elle reflète une évaluation sécuritaire préoccupante. En parallèle, Washington a également autorisé, sur une base volontaire, le départ des employés non essentiels et de leurs familles des ambassades situées à Bahreïn et au Koweït.

Le Pentagone, par l’intermédiaire du Commandement central des États-Unis (CENTCOM), a confirmé l’autorisation de départ volontaire pour les familles des militaires stationnés dans plusieurs bases de la région. Le général Pete Hegseth, secrétaire à la Défense, suit de près la situation. « Nous surveillons les tensions croissantes au Moyen-Orient », a indiqué un communiqué du CENTCOM.

S’exprimant mercredi soir au Kennedy Center à Washington, le président Donald Trump a justifié ces mesures : « Ils sont déplacés parce que la situation pourrait devenir dangereuse. Nous verrons ce qu’il se passe. Nous avons donné l’ordre de quitter les lieux, et nous verrons. »

Ces décisions interviennent alors que les négociations entre les États-Unis et l’Iran sur le programme nucléaire de Téhéran semblent dans l’impasse. Un sixième cycle de discussions était envisagé ce week-end à Oman, mais selon deux responsables américains anonymes, il est de moins en moins probable qu’il ait lieu. Le président Trump, qui a plusieurs fois menacé de frappes contre les installations nucléaires iraniennes en cas d’échec diplomatique, s’est dit « de moins en moins confiant » quant à un accord, lors d’un entretien publié mercredi par le New York Post.

L’Iran, de son côté, maintient que son programme est pacifique. Sa mission auprès des Nations Unies a publié un message sur les réseaux sociaux condamnant les menaces américaines : « Les menaces de force écrasante ne changeront pas les faits. L’Iran ne cherche pas à obtenir l’arme nucléaire. Le militarisme américain ne fait qu’alimenter l’instabilité. »

Le ministre iranien de la Défense, le général Aziz Nasirzadeh, a réaffirmé que son pays espérait encore un résultat diplomatique, tout en avertissant que toutes les bases américaines dans la région seraient des cibles en cas d’attaque : « Si un conflit nous est imposé, les pertes de l’adversaire seront supérieures aux nôtres. »

Par ailleurs, le Conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) pourrait prochainement voter une résolution de censure à l’encontre de l’Iran. Cela ouvrirait potentiellement la voie au rétablissement automatique des sanctions onusiennes, en vertu du mécanisme inscrit dans l’accord nucléaire de 2015, que les États-Unis ont quitté sous Trump en 2018.

Les tensions affectent aussi la navigation dans la région. Le centre britannique d’opérations maritimes basé au Moyen-Orient a alerté les navires sur un risque accru d’activité militaire dans le golfe Persique, le golfe d’Oman et le détroit d’Ormuz. Ces zones ont été le théâtre d’attaques et de saisies de navires par l’Iran ces dernières années.

Enfin, la comparution attendue jeudi devant le Sénat du général Erik Kurilla, commandant des forces américaines au Moyen-Orient, a été reportée sans explication officielle. Le gouvernement irakien, pour sa part, a minimisé les évacuations américaines, affirmant n’avoir détecté aucun indice de menace sécuritaire majeure, tout en soulignant une amélioration générale de la stabilité intérieure.

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