Les négociations climatiques de la COP30, organisées à Belém au Brésil, ont été brièvement interrompues jeudi lorsqu’un incendie s’est déclaré dans l’un des pavillons du site. L’évacuation a commencé au moment où les délégués tentaient de finaliser un accord destiné à renforcer les efforts mondiaux contre le changement climatique, un objectif qui n’avait déjà pas été atteint à l’échéance fixée la veille.
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, avait appelé quelques heures plus tôt à conclure un accord ambitieux, saluant les demandes de clarification sur la question centrale de l’abandon des combustibles fossiles. Les autorités brésiliennes ont indiqué que l’incendie avait été rapidement maîtrisé et qu’aucune victime n’était à déplorer, tandis que des milliers de participants étaient invités à quitter temporairement les lieux. Le ministre du Tourisme Celso Sabino a cependant reconnu ignorer quand les négociations pourraient reprendre.
Le sommet n’avait déjà pas réussi à respecter son calendrier initial : près de 200 pays s’efforcent de s’entendre sur une série de sujets-clés allant de l’augmentation du financement climatique à la transition énergétique. La question de la sortie progressive des énergies fossiles demeure la plus épineuse. Les émissions issues de leur combustion restent la principale cause du réchauffement climatique, mais les discussions achoppent sur la manière d’organiser — et de planifier — leur abandon.
Pour le Brésil, pays hôte, un accord rapide représenterait une étape essentielle pour transformer des décennies d’engagements climatiques en actions concrètes. « Une chose est claire, nous sommes au pied du mur, et le monde a les yeux rivés sur Belém », a déclaré Guterres. Les négociations, qui durent depuis deux semaines, sont désormais bloquées sur deux fronts : l’avenir des combustibles fossiles et le financement de l’adaptation climatique. Ces désaccords révèlent des fractures nettes entre pays industrialisés, États producteurs d’hydrocarbures et petits États insulaires particulièrement vulnérables aux impacts du réchauffement.
Inspirés par le Brésil, plusieurs dizaines de pays ont proposé une feuille de route pour organiser la sortie mondiale des énergies fossiles, mais certains États producteurs y opposent toujours une forte résistance. Pour Guterres, un compromis demeure possible malgré les divergences persistantes. D’autres tensions sont liées au financement de l’adaptation, un point sur lequel certains pays riches restent réticents à s’engager davantage, au grand désarroi des nations en développement.
Ces dernières craignent déjà que les 300 milliards de dollars promis lors de la COP29 à Bakou ne se concrétisent pas, d’autant que les États-Unis se sont retirés des efforts de coopération climatique sous la présidence de Donald Trump. Steven Victor, ministre des Palaos, a averti que quitter Belém sans progrès majeurs serait un échec pour les populations les plus exposées : « Notre population perd ses vies et ses moyens de subsistance à cause de tempêtes d’une force inédite. »
Alors qu’il ne reste que deux jours avant la clôture prévue du sommet, les débats restent tendus. Les responsables européens affirment reconnaître l’importance du financement de l’adaptation, mais expliquent ne pas être mandatés pour fixer de nouveaux objectifs. Le temps presse désormais pour conclure un accord, dans un sommet marqué par l’urgence climatique et les divisions profondes entre pays.