Un ex-collaborateur d'Ivanishvili arrêté après une cavale spectaculaire et une condamnation pour fraude massive
Un ex-collaborateur d'Ivanishvili arrêté après une cavale spectaculaire et une condamnation pour fraude massive

Les autorités géorgiennes ont annoncé mardi l’arrestation de Giorgi Bachiashvili, un ancien proche collaborateur de Bidzina Ivanishvili, l’homme considéré comme le dirigeant de facto de la Géorgie. Bachiashvili avait fui le pays en mars dernier alors qu’il était jugé pour avoir détourné plus de 800 millions de dollars en cryptomonnaies appartenant à son ancien mentor. Condamné par contumace à 11 ans de prison, il a été capturé près des frontières sud du pays, à la lisière de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan, à la suite d’un signalement anonyme.

Ancien dirigeant du fonds d’investissement de l’ex-Premier ministre milliardaire, Bachiashvili nie fermement les accusations. Il affirme que son procès était motivé par des considérations politiques, en représailles à son soutien affiché à l’Ukraine dans le conflit qui l’oppose à la Russie. Une position qui tranche avec celle d’Ivanishvili, fondateur du parti au pouvoir Rêve géorgien, dont les orientations se sont récemment alignées sur Moscou, provoquant la colère d’une partie de la population géorgienne.

Le service de sécurité de l’État a indiqué que Bachiashvili avait fui la Géorgie en mars en se cachant dans un véhicule, avant de passer clandestinement la frontière vers l’Arménie et de rejoindre un pays tiers. Il faisait, en plus de son jugement pour fraude, l’objet d’une enquête pour franchissement illégal de la frontière. Selon son avocat, Robert Amsterdam, Bachiashvili aurait été « renvoyé de force » en Géorgie, où il craindrait d’être victime de torture. L’avocat a dénoncé une atteinte grave aux droits de son client.

Le cœur de l’affaire remonte à un prêt octroyé en 2015 par la Cartu Bank, propriété d’Ivanishvili. Bachiashvili aurait utilisé ces fonds pour établir une entreprise d’extraction de cryptomonnaie. Transparency International Géorgie, une organisation de lutte contre la corruption, a remis en question la solidité du dossier, affirmant qu’aucune preuve convaincante n’avait été présentée contre lui et que l’affaire semblait répondre avant tout aux intérêts personnels d’Ivanishvili.

Figure controversée, Ivanishvili continue de peser lourdement sur la politique géorgienne malgré son retrait officiel de la vie publique. Depuis le début de la guerre en Ukraine, il a imprimé une orientation de plus en plus prorusse au gouvernement, tout en réprimant l’opposition intérieure. En décembre dernier, les États-Unis ont imposé des sanctions à son encontre pour avoir maté des manifestations opposées à la suspension des négociations d’adhésion de la Géorgie à l’Union européenne jusqu’en 2028.

Discret et rarement vu en public, Ivanishvili n’a pas réagi publiquement à l’affaire ni à l’arrestation récente de son ancien associé. Le dossier continue néanmoins d’alimenter les tensions politiques en Géorgie, dans un climat déjà marqué par une polarisation croissante et des accusations répétées de dérive autoritaire.

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