NATIONS UNIES — Alors que la guerre en Ukraine entre dans sa quatrième année, la Russie s’est dite prête à envisager un cessez-le-feu, mais à une condition : que les pays occidentaux interrompent toute livraison d’armes à Kiev et que l’Ukraine cesse de mobiliser ses forces. C’est ce qu’a déclaré vendredi l’ambassadeur russe auprès des Nations Unies, Vassily Nebenzia, devant le Conseil de sécurité à New York.
« Un simple cessez-le-feu ne suffira pas », a affirmé le diplomate russe, insistant sur la nécessité d’aborder ce qu’il qualifie de « causes profondes » du conflit. Il a proposé la tenue d’un deuxième cycle de négociations à Istanbul dès lundi prochain, afin de comparer les approches des deux parties dans le processus de paix. Le premier cycle de discussions, organisé le 16 mai dernier, n’avait pas permis d’aboutir à une trêve.
Moscou veut imposer un gel des soutiens militaires occidentaux à l’Ukraine comme condition préalable à toute avancée diplomatique. Les États-Unis, pour leur part, ont proposé un cessez-le-feu de 30 jours couvrant l’ensemble des domaines militaire, aérien, maritime et des infrastructures critiques. Un diplomate américain, s’adressant au Conseil, a toutefois exprimé des doutes quant aux intentions réelles de Moscou, accusant la Russie de privilégier une victoire militaire plutôt qu’un règlement pacifique.
Depuis le début de l’invasion en février 2022, la Russie justifie son offensive par la nécessité de « désarmer » l’Ukraine et de « dénazifier » ses institutions, une rhétorique fermement rejetée par l’Occident, qui y voit une tentative de renversement d’un gouvernement démocratiquement élu et tourné vers l’Europe.
« Nous continuerons à nous battre aussi longtemps que nécessaire », a martelé Nebenzia, dénonçant l’influence « néonazie » dans les pays voisins et les prétendues menaces à la frontière russe. Pour Moscou, la guerre ne prendra fin qu’à condition d’obtenir des garanties sécuritaires durables et de mettre un terme à l’orientation pro-occidentale de Kiev.
Alors que la situation humanitaire s’aggrave et que la pression internationale pour un cessez-le-feu s’intensifie, les divisions restent profondes au sein du Conseil de sécurité sur la voie à suivre pour mettre fin au conflit le plus meurtrier sur le sol européen depuis des décennies.