Alors qu’il se rendait mardi aux Pays-Bas pour participer à un sommet crucial de l’OTAN, le président américain Donald Trump a jeté un froid en remettant en question l’un des fondements historiques de l’alliance : le principe de défense mutuelle inscrit dans l’article 5 du traité fondateur. Interrogé par des journalistes à bord d’Air Force One, Trump a esquivé un engagement clair, déclarant : « Je m’engage à sauver des vies. Je m’engage pour la vie et la sécurité. Et je vous donnerai une définition précise de ce que je veux dire quand j’y serai. »
Cette déclaration ambigüe a immédiatement soulevé des inquiétudes chez plusieurs membres de l’Alliance, d’autant que ce sommet se tient dans un contexte géopolitique tendu, marqué par la guerre en Ukraine et les tensions persistantes avec la Russie. La réunion de deux jours vise notamment à afficher l’unité des pays membres face à Moscou et à renforcer les capacités militaires de l’organisation.
Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a tenté d’apaiser les esprits en affirmant que les États-Unis restaient « totalement engagés » vis-à-vis de l’article 5, qui stipule qu’une attaque contre un pays membre est considérée comme une attaque contre tous. « Je suis convaincu de la solidité de l’engagement américain », a-t-il assuré à La Haye.
Trump, dont les relations avec l’OTAN ont toujours été teintées de scepticisme, a régulièrement critiqué les alliés européens pour leurs niveaux de dépenses militaires jugés insuffisants. Ce sommet entend justement inciter les pays membres à accroître leurs investissements dans la défense, avec pour objectif de mieux dissuader toute agression, notamment de la Russie.
Moscou, de son côté, a dénoncé l’approche du sommet, l’accusant d’alimenter la militarisation de l’Europe et de mettre en péril la stabilité régionale. Le Kremlin a qualifié l’augmentation des budgets militaires des pays de l’OTAN d’« escalade inutile ».
Les prochains jours seront décisifs pour mesurer l’unité réelle de l’Alliance face aux défis croissants, et les déclarations du président américain risquent d’alimenter les spéculations sur la fiabilité de l’engagement de Washington en cas de crise.