Trump rencontre le président syrien et envisage de normaliser les relations avec Damas
Trump rencontre le président syrien et envisage de normaliser les relations avec Damas

Le président américain Donald Trump a rencontré mercredi à Riyad le président syrien Ahmed al-Sharaa, une entrevue historique marquée par l’annonce surprise de la levée de toutes les sanctions américaines contre le gouvernement syrien dirigé par des islamistes. Trump a indiqué que les États-Unis examinaient désormais la possibilité de normaliser leurs relations avec la Syrie, une décision qui bouleverse la diplomatie américaine au Moyen-Orient.

La rencontre s’est déroulée en marge d’un sommet entre les États-Unis et les pays arabes du Golfe, en présence du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane. Des images diffusées par la télévision d’État saoudienne montrent Trump et Sharaa se serrant la main, scellant ainsi un changement radical de posture de la Maison Blanche. Trump a également exhorté son homologue syrien à envisager une normalisation des relations avec Israël, selon un porte-parole.

Cette volte-face intervient malgré l’inquiétude exprimée au sein même de l’administration américaine au sujet des liens passés d’Ahmed al-Sharaa avec Al-Qaïda. Ancien chef de la branche syrienne du groupe djihadiste, Sharaa avait été emprisonné pendant cinq ans en Irak avant de rompre avec Al-Qaïda en 2016. Il a renversé le président Bachar al-Assad en décembre dernier, mais peine depuis à asseoir son autorité sur l’ensemble du territoire syrien.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a participé virtuellement à la réunion tripartite aux côtés de Trump et du prince héritier saoudien, saluant également la levée des sanctions. L’initiative reste cependant très controversée. Israël, allié traditionnel des États-Unis, a exprimé de profondes réserves à l’égard du gouvernement de Sharaa, qu’il continue de qualifier de « djihadiste ».

Cette rencontre renforce considérablement la position de Sharaa sur la scène internationale, à un moment où il tente de pacifier le pays après des mois de tensions, notamment avec des partisans d’Assad. Les affrontements sanglants de mars dernier entre milices islamistes et communautés alaouites avaient suscité de vives condamnations à Washington.

Cette visite à Riyad s’inscrit dans un voyage régional de quatre jours entamé par Trump dans le Golfe. Elle a été ponctuée de cérémonies fastueuses et de contrats commerciaux colossaux : 600 milliards de dollars d’investissements saoudiens aux États-Unis et 142 milliards de ventes d’armes américaines. Trump poursuivra son déplacement au Qatar, où l’on attend l’annonce d’un achat massif d’avions Boeing par Qatar Airways, avant de se rendre à Abou Dhabi, puis potentiellement en Turquie pour une rencontre entre Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky.

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