Trump prépare une extension massive de l'interdiction de voyager vers les États-Unis
Trump prépare une extension massive de l'interdiction de voyager vers les États-Unis

L’administration du président américain Donald Trump envisage d’interdire l’entrée aux États-Unis à des ressortissants de 36 pays supplémentaires, selon un câble diplomatique interne du département d’État obtenu par Reuters. Cette initiative, encore à l’étude, s’inscrit dans une nouvelle phase de durcissement de la politique migratoire entamée par Trump depuis le début de son second mandat.

Plus tôt en juin, une proclamation présidentielle avait déjà interdit l’accès au territoire américain aux citoyens de 12 pays, invoquant la nécessité de protéger les États-Unis contre les « terroristes étrangers » et autres menaces à la sécurité nationale. Cette nouvelle liste viendrait donc s’ajouter à des restrictions déjà considérablement élargies.

Le câble confidentiel, signé par le secrétaire d’État Marco Rubio, identifie les 36 pays comme « préoccupants » en raison de divers manquements, notamment l’incapacité de certains gouvernements à délivrer des documents d’identité fiables, la mauvaise sécurité des passeports, ou encore le manque de coopération dans les procédures d’expulsion. Certains États sont également accusés de tolérer que leurs citoyens prolongent illégalement leur séjour aux États-Unis après expiration de leur visa.

Le département d’État laisse un délai de 60 jours aux pays concernés pour remédier à ces lacunes. Faute de quoi, une suspension totale ou partielle de l’entrée de leurs ressortissants sur le sol américain pourrait être recommandée. Parmi les pays menacés figurent, entre autres, l’Égypte, le Nigeria, l’Éthiopie, le Cambodge, le Ghana, la Syrie, le Zimbabwe ou encore la Tanzanie.

Cette nouvelle vague de restrictions, si elle est appliquée, viendrait renforcer la politique migratoire ultra-sécuritaire prônée par Trump. Elle rappelle l’interdiction d’entrée sur le sol américain imposée dès 2017 aux ressortissants de plusieurs pays à majorité musulmane, une mesure alors très controversée mais validée en 2018 par la Cour suprême.

Un responsable du département d’État a confirmé que la politique d’admission des étrangers était régulièrement réévaluée dans un souci de sécurité nationale. Il a néanmoins refusé de commenter les délibérations internes. Selon lui, l’objectif est de s’assurer que tous les visiteurs étrangers respectent les lois américaines.

L’extension envisagée viendrait s’ajouter à la récente interdiction d’entrée visant déjà l’Afghanistan, l’Iran, la Libye, le Soudan ou encore le Yémen. Une trentaine de pays pourraient donc être concernés par des restrictions similaires dans les prochaines semaines, dans un contexte politique marqué par un durcissement généralisé à l’encontre de l’immigration.

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