WASHINGTON — Le président américain Donald Trump espère faire avancer un cessez-le-feu dans la guerre en Ukraine grâce à des appels téléphoniques prévus ce lundi avec le président russe Vladimir Poutine et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, dans une nouvelle tentative de diplomatie personnelle face à un conflit qui dure depuis plus de trois ans.
Dans une publication sur les réseaux sociaux ce week-end, Trump a évoqué sa volonté de faire de ce lundi une journée « productive », estimant que « cette guerre qui n’aurait jamais dû avoir lieu doit se terminer ». L’initiative s’inscrit dans une série d’efforts diplomatiques plus larges, incluant des échanges prévus avec les dirigeants de l’OTAN. Le président républicain mise notamment sur son expérience passée et ses relations personnelles avec Poutine pour sortir de l’impasse, selon son émissaire Steve Witkoff, qui estime que l’appel avec Moscou pourrait débloquer la situation.
Toutefois, certains craignent que l’admiration supposée de Trump pour le dirigeant russe ne compromette les intérêts ukrainiens. Bridget Brink, ancienne ambassadrice des États-Unis à Kiev, a démissionné le mois dernier, dénonçant une politique américaine qu’elle juge trop conciliante envers Moscou. Elle a cité une réunion houleuse en février, où Zelensky aurait été publiquement rabaissé à la Maison Blanche, comme déclencheur de sa décision. « La paix à tout prix n’est pas la paix. C’est de l’apaisement », a-t-elle déclaré.
Trump a prévu d’appeler Poutine à 10 h, heure de Washington. Selon le Trésorier américain Scott Bessent, Trump pourrait proposer des incitations économiques à la Russie pour obtenir une désescalade, tout en brandissant la menace de sanctions plus dures en cas d’échec des négociations.
Pendant ce temps, le président ukrainien, en déplacement à Rome, a rencontré dimanche le vice-président JD Vance et le secrétaire d’État Marco Rubio. Il a affirmé que l’Ukraine était engagée dans une diplomatie « réelle » et a critiqué la délégation russe envoyée lors des discussions récentes à Ankara comme étant dépourvue de pouvoir décisionnel.
Les pourparlers turcs, soutenus par les alliés occidentaux, n’ont pas abouti à un cessez-le-feu, mais les deux camps ont convenu d’un échange de 1 000 prisonniers chacun, qui pourrait intervenir dès cette semaine, selon les services de renseignement ukrainiens.
Enfin, Trump a discuté dimanche soir de la situation avec les dirigeants européens, dont le chancelier allemand Friedrich Merz, Emmanuel Macron, ainsi que les chefs de gouvernement britannique et italien. Dans un message publié sur X, Macron a exhorté Poutine à accepter le cessez-le-feu de 30 jours proposé par Trump et soutenu par l’Ukraine et l’Europe.
Cet effort de paix survient alors que la Russie a mené ce week-end sa plus vaste attaque par drones depuis le début de la guerre, visant notamment les régions de Kyiv, Dnipropetrovsk et Donetsk. Une intensification qui, paradoxalement, pourrait renforcer l’urgence d’un accord, mais aussi compliquer les chances de succès des négociations à venir.