Le président américain Donald Trump a fixé un délai au 8 août pour parvenir à un accord de paix entre la Russie et l’Ukraine, a annoncé jeudi le représentant des États-Unis devant le Conseil de sécurité des Nations unies. Cette injonction marque un tournant majeur dans la diplomatie américaine, alors que la guerre entame sa quatrième année.
S’exprimant au nom de Washington, le haut diplomate John Kelley a déclaré : « La Russie et l’Ukraine doivent négocier un cessez-le-feu et une paix durable. Il est temps de conclure un accord. Le président Trump a clairement indiqué que cela devait être fait d’ici le 8 août. Les États-Unis sont prêts à mettre en œuvre des mesures supplémentaires pour garantir la paix. » Cette déclaration s’inscrit dans une stratégie plus large visant à exercer une pression maximale sur Moscou.
Deux jours plus tôt, Trump avait menacé d’imposer une nouvelle série de sanctions économiques et de droits de douane contre la Russie si aucun progrès n’était constaté dans les dix jours. Cette approche musclée fait suite à une série de négociations avortées entre Kiev et Moscou, qui se sont tenues cette année à Istanbul. Si ces discussions ont permis quelques échanges de prisonniers et de dépouilles, elles n’ont pas permis d’avancée concrète vers un cessez-le-feu.
Le représentant adjoint de la Russie auprès de l’ONU, Dmitri Polyanskiy, a confirmé la volonté de Moscou de poursuivre les pourparlers à Istanbul, tout en dénonçant une posture occidentale jugée belliqueuse. « En Occident, le parti de la guerre n’a pas disparu… Nous continuons d’entendre les voix de ceux qui pensent que la diplomatie n’est qu’un moyen de critiquer la Russie et d’exercer une pression sur elle », a-t-il déclaré.
Cet ultimatum américain intervient alors que les tensions restent vives sur le terrain. De nouvelles frappes russes ont touché la ville ukrainienne de Kramatorsk mercredi, tuant plusieurs civils. Du côté ukrainien, aucune réaction officielle immédiate n’a été communiquée sur les exigences de Washington, bien que le président Volodymyr Zelensky ait réaffirmé à plusieurs reprises que toute paix durable devait respecter l’intégrité territoriale de l’Ukraine.
L’ultimatum fixé par Donald Trump pourrait ouvrir une brève fenêtre diplomatique, mais il soulève aussi le spectre d’une escalade économique entre les deux puissances nucléaires si aucune avancée n’est réalisée d’ici la date limite.