Trump et Poutine s'entretiennent sur l'Ukraine : ce qu’il faut savoir de leur dernière conversation téléphonique
Trump et Poutine s'entretiennent sur l'Ukraine : ce qu’il faut savoir de leur dernière conversation téléphonique

MOSCOU, 19 mai 2025 – Le président russe Vladimir Poutine et le président américain Donald Trump ont tenu lundi leur troisième entretien téléphonique officiel de l’année, dans un contexte de tractations diplomatiques autour d’un possible règlement du conflit en Ukraine. Cette conversation, dont le contenu suscite de nombreuses spéculations, marque une nouvelle étape dans les efforts de Washington et Moscou pour faire avancer un processus de paix longtemps bloqué.

Le Kremlin a confirmé que cet appel avait porté sur l’élaboration d’un « mémorandum » autour d’un éventuel accord de paix entre la Russie et l’Ukraine. Poutine a déclaré que Moscou était prêt à coopérer avec Kiev pour formaliser les grandes lignes d’un règlement, incluant les principes de l’accord ainsi qu’un calendrier de cessez-le-feu. Cette annonce intervient après des négociations directes tenues en Turquie, les premières entre les deux camps depuis mars 2022.

Trump, qui a fait de la paix en Ukraine un thème central de sa politique étrangère, maintient que le conflit est une « effusion de sang inutile » et accuse l’élargissement de l’OTAN d’avoir précipité l’invasion russe. Il s’est récemment montré plus critique à l’égard de Moscou, menaçant d’imposer des droits de douane de 25 à 50 % sur les acheteurs de pétrole russe si le Kremlin entravait ses efforts de médiation.

Les conversations entre Trump et Poutine ne se limiteraient pas aux annonces publiques. Selon le Kremlin, des échanges non révélés pourraient avoir eu lieu. Le journaliste Bob Woodward a affirmé dans un livre que les deux hommes auraient échangé jusqu’à sept fois après la fin du premier mandat de Trump, ce que Moscou dément. Les appels sont menés via des lignes cryptées, avec la participation de traducteurs, Poutine s’exprimant exclusivement en russe lors des négociations.

Du côté russe, la position officielle reste inflexible : pas de cessez-le-feu tant que certaines conditions ne sont pas remplies. Parmi les exigences de Moscou : l’abandon par l’Ukraine de toute ambition d’adhésion à l’OTAN, et le retrait total des troupes ukrainiennes des territoires annexés par la Russie. Poutine évoque également un projet d’accord esquissé en 2022, peu après l’invasion, qui pourrait servir de base à un nouvel arrangement, désormais soutenu par l’administration Trump.

Un tel plan, selon des sources proches du dossier, prévoirait la reconnaissance formelle par les États-Unis de l’annexion de la Crimée, et une reconnaissance tacite du contrôle russe sur une partie du Donbass, ainsi que sur des zones de Zaporijjia et Kherson. Une perspective qui alarme les alliés européens de Washington, inquiets d’un compromis qui entérinerait les gains territoriaux russes au détriment de la souveraineté ukrainienne.

Malgré la rhétorique pacificatrice, les Européens doutent de la sincérité de Poutine et redoutent que Trump n’impose à Kiev un accord jugé défavorable. Dans l’attente, le conflit se poursuit, les lignes de front évoluant lentement tandis que les civils ukrainiens continuent de subir les conséquences d’une guerre désormais entrée dans sa quatrième année.

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