Alors que la guerre en Ukraine entre dans sa quatrième année, Donald Trump et Vladimir Poutine laissent entrevoir un possible redémarrage des relations commerciales entre les États-Unis et la Russie une fois un accord de paix trouvé. Mais malgré ces signaux politiques, un retour des entreprises américaines en Russie semble hautement improbable dans un avenir proche.
« La Russie souhaite faire du COMMERCE à grande échelle avec les États-Unis une fois que ce ‘bain de sang’ catastrophique sera terminé, et je suis d’accord », a déclaré Trump après un appel avec Poutine. Ce dernier a affirmé que les entreprises étrangères pourraient revenir dans certaines conditions. Pourtant, dans les jours suivants, le ton de Trump s’est durci, qualifiant le président russe de « fou » après des frappes intenses sur Kyiv, et menaçant de nouvelles sanctions.
Depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, des centaines d’entreprises occidentales ont quitté la Russie, souvent contraintes de vendre leurs actifs à perte. Le Kremlin a pris le contrôle de plusieurs d’entre elles, comme Danone ou Carlsberg, via un décret présidentiel. Même en cas de levée des sanctions, la méfiance reste vive : la Russie a imposé de sévères restrictions aux sociétés des « États inamicaux », limitant leurs retraits de capitaux et droits de vote.
Vladimir Poutine a récemment déclaré vouloir « étrangler » les géants technologiques occidentaux comme Zoom et Microsoft, les accusant de nuire au développement économique de la Russie. Il a aussi promis son soutien à Vkusno-i Tochka, la chaîne ayant repris les restaurants McDonald’s, si la marque américaine tentait un retour.
Du côté économique, les perspectives sont peu engageantes. La croissance russe est faible, largement tirée par l’industrie militaire, et le pays souffre d’un manque d’investissements hors défense. « Il n’est pas clair où des entreprises américaines pourraient s’implanter pour espérer un retour sur investissement significatif », estime Elina Ribakova du centre de recherche européen Bruegel.
Certaines entreprises, comme Ford, avaient prévu une clause de rachat de leurs parts, mais l’incertitude juridique rend leur exécution hasardeuse. Même les grandes compagnies pétrolières, qui avaient des intérêts considérables en Russie, pourraient hésiter à revenir : ExxonMobil a perdu 3,4 milliards de dollars dans le projet Sakhaline.
Enfin, même si les États-Unis lèvent un jour leurs sanctions, celles de l’Union européenne — toujours en vigueur et régulièrement renforcées — continueraient de compliquer toute reprise des activités commerciales pour les multinationales occidentales.
En somme, malgré les déclarations politiques, un retour des entreprises américaines sur le marché russe semble hautement improbable sans un changement profond et durable du climat politique et économique.