RIYAD – Le président américain Donald Trump est attendu mardi matin en Arabie saoudite pour entamer une tournée stratégique de quatre jours dans le Golfe, centrée sur la conclusion d’accords économiques colossaux avec les principales puissances pétrolières de la région. Le voyage le mènera également au Qatar et aux Émirats arabes unis, dans un contexte de forte volatilité géopolitique mondiale, mais avec un agenda volontairement tourné vers les affaires.
Accompagné d’un aréopage de chefs d’entreprise influents, dont Elon Musk, PDG de Tesla et conseiller du président, Trump participera d’abord au Forum d’investissement saoudo-américain à Riyad. Il poursuivra ensuite sa tournée mercredi à Doha et jeudi à Abou Dhabi. Parmi les personnalités économiques du voyage figurent aussi Larry Fink (BlackRock) et Jane Fraser (Citigroup), preuve de l’ambition de Trump d’attirer des capitaux massifs.
L’objectif affiché de cette visite : obtenir des engagements d’investissements de plusieurs centaines de milliards de dollars. L’Arabie saoudite aurait déjà promis jusqu’à 600 milliards de dollars d’investissements aux États-Unis, mais Trump a publiquement fixé la barre à un billion de dollars. Il pourrait également proposer à Riyad un méga-contrat d’armement de plus de 100 milliards de dollars, incluant notamment des avions C-130.
Ce déplacement s’inscrit dans une démarche de « diplomatie économique » délibérément dissociée des tensions régionales, comme la guerre à Gaza ou les pourparlers sur le programme nucléaire iranien. Bien que des négociations américano-iraniennes aient eu lieu ce week-end à Oman, Trump réserve une possible incursion diplomatique à Istanbul jeudi, pour une rencontre entre Vladimir Poutine et Volodymyr Zelenskiy, sans avoir encore confirmé sa présence.
Par ailleurs, la visite du président américain au Qatar devrait être marquée par une initiative hautement symbolique : la famille royale qatarie prévoit d’offrir à Trump un Boeing 747-8 luxueusement aménagé, en vue d’une utilisation future par sa bibliothèque présidentielle. Ce geste, bien que présenté comme un don, suscite de vives critiques quant aux implications éthiques et diplomatiques.
Sur le plan politique, Trump semble vouloir mettre de côté les sujets sensibles, notamment la normalisation entre Israël et l’Arabie saoudite. Bien que cette avancée constitue l’un de ses objectifs géopolitiques phares, les réticences de Benjamin Netanyahou à un cessez-le-feu durable à Gaza ou à toute discussion sur un État palestinien rendent peu probable une percée sur ce front.
Pour Trump, ce second déplacement à l’étranger depuis son retour à la Maison-Blanche — après les funérailles du pape François à Rome — est avant tout un coup de force économique, à la croisée de la diplomatie, des affaires et de la communication politique.