DOHA, Qatar — 15 mai 2025 (AP) — Le président américain Donald Trump a affirmé jeudi que les États-Unis et l’Iran s’étaient « en quelque sorte » mis d’accord sur les termes d’un nouvel accord nucléaire, suggérant qu’un compromis serait en train d’émerger après des mois de négociations discrètes.
Lors d’un échange avec des journalistes à Doha, Trump a qualifié les discussions entre son envoyé spécial Steve Witkoff et le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi de « négociations très sérieuses » en faveur d’une « paix à long terme ». Il a cependant maintenu que l’option militaire restait sur la table en cas d’échec des pourparlers.
« L’Iran a en quelque sorte accepté les conditions : ils ne vont pas fabriquer, comme je le dis gentiment, de « poussière nucléaire » », a lancé Trump, tout en laissant entendre que les éléments clés de l’accord étaient déjà définis.
Côté iranien, un conseiller de l’ayatollah Ali Khamenei a affirmé que Téhéran était prêt à renoncer à ses stocks d’uranium hautement enrichi, à limiter l’enrichissement à des niveaux civils et à autoriser des inspections internationales. En échange, l’Iran exige une levée immédiate des sanctions économiques.
Trump a répété ses exigences principales : « Ils ne peuvent pas avoir d’arme nucléaire. C’est très simple. » Mais il a également mentionné d’autres conditions, notamment l’arrêt du soutien iranien au terrorisme et aux guerres par procuration.
À Riyad, Trump avait déjà insisté sur ces exigences devant les dirigeants du Conseil de coopération du Golfe : « Ils doivent cesser de financer la terreur et d’entretenir des guerres sanglantes. »
Clôturant sa visite de quatre jours dans les États du Golfe, Trump s’est rendu à la base d’Al-Udeid, au Qatar, d’où les États-Unis ont mené leurs opérations militaires en Irak et en Afghanistan. S’adressant aux troupes, il a déclaré vouloir « mettre fin aux conflits, pas en démarrer », tout en affirmant qu’il n’hésiterait pas à recourir à la force si nécessaire.
Plus tard dans la journée, Trump s’est envolé vers Abou Dhabi, aux Émirats arabes unis, pour une visite d’État. Il y a visité la grande mosquée Sheikh Zayed avant d’être accueilli par le président Mohammed ben Zayed au palais présidentiel. Des enfants en costume traditionnel ont salué sa délégation en agitant des drapeaux américains et émiratis.
Trump a également évoqué ses récentes décisions diplomatiques, notamment la levée des sanctions contre la Syrie après une rencontre avec le président intérimaire Ahmed al-Sharaa. Ce dernier, ancien insurgé emprisonné par les États-Unis en Irak et lié à al-Qaida, a été qualifié par Trump de « jeune homme fort, au passé combatif ».
Selon Trump, cette décision a été influencée par les dirigeants saoudien et turc, notamment le président Recep Tayyip Erdogan. « Il m’a dit : ‘Si tu ne le fais pas, ils n’ont aucune chance’ », a rapporté Trump. « Alors je l’ai fait. »
Enfin, Trump n’a pas manqué de railler son prédécesseur Joe Biden pour son désormais célèbre « fist bump » avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane. « Ils veulent une poignée de main, pas un coup de poing. Ils étaient affamés d’attention. »