Le Parlement iranien a approuvé mercredi un accord de partenariat stratégique de 20 ans avec la Russie, actant un rapprochement historique entre les deux pays sur les plans militaire, technologique et économique. Cette ratification survient quatre mois après la signature officielle du document par les présidents Massoud Pezeshkian et Vladimir Poutine, et un mois après son adoption par le Parlement russe.
Le pacte, bien qu’il ne prévoie pas d’assistance militaire mutuelle en cas de conflit, établit un cadre pour une coopération étroite face aux menaces sécuritaires communes. Il prévoit notamment une intensification des échanges militaro-techniques, l’organisation d’exercices conjoints et un dialogue accru sur les questions de défense.
Ce renforcement des liens survient alors que la guerre en Ukraine, déclenchée par l’invasion russe en 2022, continue de bouleverser les équilibres géopolitiques. Les pays occidentaux accusent Téhéran d’avoir fourni à Moscou des drones et des missiles utilisés contre des cibles ukrainiennes, ce que l’Iran dément, affirmant que ses exportations militaires ne visent pas de zones de conflit actives.
Au-delà des aspects militaires, l’accord iranien-russe vise à contourner les sanctions occidentales qui pèsent lourdement sur les deux économies. Il inclut des mesures concrètes pour stimuler le commerce bilatéral, comme la promotion des monnaies locales dans les échanges et le développement de mécanismes interbancaires directs, afin de limiter leur dépendance au système financier international dominé par l’Occident.
Un pas supplémentaire a été franchi avec l’entrée en vigueur, la semaine dernière, d’un accord de libre-échange entre l’Iran et l’Union économique eurasienne (UEE), bloc commercial dirigé par Moscou. Cet accord réduit significativement les droits de douane et vise à élargir les échanges commerciaux dans des secteurs stratégiques, de l’énergie à l’agroalimentaire.
Ce partenariat stratégique marque une consolidation du front anti-occidental entre deux pays soumis à une forte pression diplomatique et économique. Il pourrait également redessiner les alliances régionales au Moyen-Orient et en Asie centrale, à l’heure où l’Iran et la Russie cherchent à renforcer leur influence en dehors des circuits dominés par les États-Unis et l’Union européenne.