Soudan du Sud - l’opposition dénonce une tentative d’« hégémonie tribale » du pouvoir @AP
Soudan du Sud - l’opposition dénonce une tentative d’« hégémonie tribale » du pouvoir @AP

L’opposition sud-soudanaise a accusé vendredi le gouvernement de chercher à instaurer un « contrôle autoritaire et une domination d’une seule tribu », après la suspension du premier vice-président Riek Machar, inculpé d’avoir orchestré des attaques menées par des milices.

Machar, figure centrale de la politique sud-soudanaise et chef du SPLM-IO (Mouvement de libération du peuple soudanais en opposition), fait face à de graves accusations, parmi lesquelles meurtre, trahison et crimes contre l’humanité. Vingt autres personnes sont également visées. Ces poursuites sont liées à des raids meurtriers attribués en mars dernier à la « White Army », une milice opérant dans le nord-est du pays.

Le SPLM-IO a rejeté en bloc ces accusations, dénonçant une manœuvre politique visant à éliminer l’un des principaux contrepoids au président Salva Kiir. Selon le parti, cette offensive judiciaire illustre une volonté du pouvoir d’affaiblir toute opposition et d’asseoir un système basé sur l’hégémonie d’une seule communauté.

La rivalité entre Salva Kiir et Riek Machar, tous deux issus de communautés différentes, a déjà plongé le Soudan du Sud dans une guerre civile meurtrière entre 2013 et 2018, faisant des centaines de milliers de morts et des millions de déplacés. Malgré l’accord de paix signé en 2018, les tensions politiques et ethniques restent vives et la transition démocratique demeure fragile.

Cette nouvelle crise fait craindre un retour aux violences à grande échelle, dans un pays déjà marqué par l’instabilité chronique, la pauvreté et les conséquences humanitaires des conflits passés. Les observateurs régionaux appellent au dialogue afin d’éviter une reprise des hostilités qui menacerait la paix encore précaire du plus jeune État du monde.

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